Le clivage gauche-droite en Amérique Latine: fantasme ou réalité?

Qu’est-ce que la gauche, qu’est-ce que la droite de nos jours ? Si même en France, le clivage gauche-droite semble voler en éclat, ou en tout cas n’apparaît plus évident à certains égards, pourquoi devrait-on appliquer cette grille de lecture au paysage politique latino-américain qui ne connaît la démocratie et l’alternance que depuis un peu plus d’une trentaine d’années ? Etudions ainsi la pertinence de certains facteurs de différenciation potentiels pour distinguer droite et gauche en Amérique Latine.

L’insertion dans la mondialisation ? Jusqu’aux années 70, le sous-continent tout entier militait pour un développement économique autocentré, flirtant avec un protectionnisme censé s’exprimer à travers l’établissement d’appareils industriels nationaux se substituant aux importations. Ce modèle s’est avéré être un échec cuisant révélé par la crise des années 70, et sera vite oublié. Aujourd’hui le Brésil constitue la 8ème puissance économique mondiale et le Mexique la 15ème selon le FMI, grâce à une ouverture et une insertion dans la mondialisation incontestable. Même un pays comme le Venezuela dit de gauche depuis Chavez est profondément inséré dans la mondialisation : le commerce extérieur vénézuélien représentait 53% du PIB en 2016 selon l’OCDE.

Le suivi des politiques libérales du Consensus de Washington ? En effet, traditionnellement les partis de droite ont appliqué ces recommandations à l’instar de Carlos Menem en Argentine pendant les années 90. En revanche il ne faut pas croire que les gouvernements de gauche n’ont pas suivi le mouvement. Certes la Bolivie d’Evo Morales ou le Venezuela de Chavez ont enchainé les nationalisations et réinstauré l’omniprésence de l’Etat, mais le Pérou au contraire a connu le « Fujichoc » (politiques de dérégulation lancées par Alberto Fujimori) alors même que Fujimori avait mené campagne contre Vargas Llosa qui insistait sur la nécessité d’instaurer des politiques libérales.

Les politiques sociales de redistribution des richesses ? La plus connue a été lancée par le leader brésilien de gauche Lula dans les années 2000 sous le nom de Bolsa Familia. Le pays a profité de ses excédents budgétaires conséquents obtenus grâce à l’exportation massive de matières premières dont les cours étaient alors élevés pour réduire la pauvreté et les inégalités. Or, la première politique sociale digne de ce nom a été instaurée en 1997 au Mexique par le dirigeant Ernesto Zedillo (PRI, parti socialiste), et poursuivi par Vicente Fox (PAN, parti conservateur) par la suite sous le nom de Progresa. Ce type de politiques publiques étant aujourd’hui largement recommandé par la Banque Mondiale et le FMI.

L’opposition aux Etats-Unis ? Les pays de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) parmi lesquels Cuba, le Venezuela et la Bolivie en premier chef, sont ceux qui s’opposent le plus frontalement à l’hégémonie américaine sur le continent, et sont quasiment tous de gauche. Cependant, il serait faux de croire qu’ils ne sont en aucun cas liés aux Etats-Unis : ces derniers sont par exemple le premier partenaire commercial du Venezuela. De plus, un pays comme le Mexique, fondamentalement lié aux États-Unis économiquement, ne se refuse pas à critiquer son voisin, et ce peu importe les couleurs politiques comme a pu l’expliquer Porfirio Diaz, dirigeant mexicain du début du XXème siècle :

« Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si proche des États-Unis ».

La progression des libertés individuelles ? A l’heure actuelle, les projecteurs sont braqués sur la dérive autoritaire du régime vénézuélien de Nicolas Maduro, héritier de Chavez. Cependant, l’atteinte aux libertés individuelles est un mal qui ronge l’Amérique Latine et n’est absolument pas propre à un camp politique. Le Chili a par exemple connu en parallèle d’un choc libéral dans les années 90 de graves exactions militaires à l’encontre des maoïstes du Sentier Lumineux commises par des groupes paramilitaires protégés par le gouvernement d’Alberto Fujimori pour lesquelles il a été condamné à 25 ans de prison pour « crimes contre l’humanité ».

Il apparaît par conséquent que le clivage traditionnel gauche-droite en Amérique Latine ne saurait se résumer aux aspects économique et social. Il semble plus pertinent, pour ces récentes démocraties, d’utiliser une clé de lecture différente qui mettrait l’accent sur la figure du dirigeant et sa personnalité. En France, nombre de nos politiques ne se revendiquent-ils pas comme gaullistes, et ce peu importe la couleur politique ? De la même manière en Argentine, les gouvernements qui ont succédé à la dictature ont presque tous revendiqué être péronistes (Carlos Menem puis les Kirchner notamment), en souvenir de la figure du Général Péron. En effet, le passé dictatorial et autoritaire post Seconde Guerre Mondiale latino-américain, lui-même issu des figures des caudillos dans la deuxième partie du XIXème siècle, continue à marquer la politique du sous-continent : avant de penser parti politique, nous devrions probablement penser figure politique pour mieux comprendre ces pays, à l’instar de ce que les Occidentaux font avec la Russie de Poutine.

224 étudiants en PMY à ESCP EUROPE découvrent la bibliothèque de leur campus

Samuel de Champlain découvrit les terres de Québec en 1608, le commandant Cousteau n’eut cesse d’explorer les fonds sous-marins et Théophile Gautier les mers de sable infinies du Sahara. Marchant dans les pas de ces géants, l’élite de la nation, la jeunesse française en grande école poursuit cette œuvre.

En ce lundi 5 mars, à l’aube de l’après midi alors même que le stand grillade du self fermait, un équipage de 224 étudiants a mis les pieds sur des terres qui leurs étaient encore inconnues : la bibliothèque du 79 avenue de la République. Les vents de rattrapages soufflés par le midterm de finance qui les attendait à 17h00 y sont-ils pour quelque chose ? Nul ne peut le dire.

Aucun risque de colonialisme cependant, interrogée Madame Anne-So-Le. monarque de ces territoires encore inexplorés confirme : « Nous avons déjà vécu à de multiples reprises de tels raids, malheureusement l’intérêt des barbares pour les richesses de nos terres dépasse rarement une semaine, il repartiront comme ils sont venus d’ici peu… »

« Tu l’avais bien cherché »

Été 2013. Parce que ces histoires ne concernent pas toujours que les étudiants de ces grandes écoles de commerce si décriées dont la vie semble souvent se résumer à une succession de soirées plus ou moins alcoolisés, plutôt plus que moins d’ailleurs.

Au début je ne savais pas comment aborder le sujet. Et puis malheureusement, comme je me suis rendue compte que je ne pourrais probablement jamais me débarrasser des souvenirs sordides de cette nuit-là, j’ai fini par poser des mots dessus :

« Viol »

« Je ne voulais pas »

« J’ai dit non »

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Leaders de demain, vraiment ?

Jour de la rentrée pour les premières années. Succession de discours par une pléthore de professeurs émérites et de brillants PDG. Un seul mot d’ordre : vous êtes l’élite et les leaders de demain.
Après deux années de classes préparatoires durant lesquelles son estime de soi a souvent été malmenée, l’étudiant savoure cette douce mélodie. L’avenir lui appartient, tout est désormais possible, le monde est à ses pieds.

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HeForShe – L’action étudiante au cœur du changement

“Aujourd’hui nous lançons une campagne nommée HeForShe. […]. Nous voulons mettre fin à l’inégalité de genre, et pour cela la participation de tous est indispensable. […] Nous souhaitons mobiliser autant d’hommes que possible afin qu’ils militent pour l’égalité des sexes. Mais au-delà du discours, nous voulons obtenir des résultats tangibles.” Par ces mots Emma Watson, ambassadrice d’UN Women, initie en 2014 la campagne HeForShe dans le cadre d’un discours au siège des Nations Unies. Année après année le pari est tenu et c’est maintenant plus d’un milliard d’actions engagées dans le monde qui viennent soutenir le mouvement. Par actions entendons des campagnes de sensibilisation, l’organisation d’événements soutenant l’égalité des sexes ou encore l’instauration de simples débats. Quel est le lien entre une campagne mondiale et ce que nous pouvons vivre en études supérieures me direz-vous ? Il semblerait que ce mouvement en inspire plus d’un.e, avec pour même point de départ le constat irrévocable de l’omniprésence du sexisme.

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Moi. Ivre. Survivre.

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 16/01/2018

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Et puis, au détour d’un dîner, des pizzas entre amies, rien de plus banal vraiment, on en parle. Discrètement, ce sujet fait sa place à table, tel un matou qui sort de l’ombre, la démarche lascive, et vient se lover sur le canapé l’air de rien. Les langues se délient, cela fait désormais trop longtemps que l’on a enterré le secret dans l’abîme de sa mémoire. Le monstre est devenu docile mais parfois, lorsque certains mots le réveillent au loin, ce n’est que souffrance et tourment qu’il propage dans le cœur. Il rugît, il veut revoir la lumière du jour. Mais pour quel accueil ?

Les mots, quels mots ? Tout part d’un nom et, par association, on prononce les mots « viol », « consentement » et « alcool », noyés parmi d’autres noms communs bien autrement communs à notre langage de tous les jours. « Alcool », me direz-vous, n’a rien d’un mot étranger. Prononcé au moins hebdomadairement, lu d’autant plus régulièrement sous sa forme anglaise dans les memes que nous consommons chaque jour frénétiquement, il ne nous affecte désormais guère en tant que simple mot.

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[INTOX BY STREAMS] Fleur de bitume provoque une épidémie de dépression

14 février – jour de la Saint Valentin – le chiffre d’affaire des fleuristes atteint son apothéose.
Indéfectible contributeur à cette euphorie annuelle, l’association de conseil solidaire Fleur de Bitume a décidé de jouer les cupidons en proposant aux étudiants d’offrir des roses rouges aux élus de leur cœur pour le modeste prix de deux euros, car bien que l’amour n’ait pas de prix, en école de commerce rien n’est gratuit.

Quelle louable attention me direz-vous avec un sourire niais. Mais vous ne savez pas quelles conséquences désastreuses cette manifestation romantique recèle !
900 étudiants sur le campus ce 14 février, 250 roses livrées, 650 étudiants délaissés se sentant mal-aimés. Face aux entrées magistrales des envoyés d’apollon dans chaque classe, scandant le nom d’un heureux élu avant de lui tendre la fleur symbolisant l’affection de l’être aimant, nombre d’élèves ont développé un profond trouble de leur estime personnelle.

Comment supporter de ne pas recevoir de fleurs dans un tel contexte de course à la popularité et de de quête d’attention ? L’isolement social et affectif ressenti par une frange des scepiens s’est traduit par une importante fragilisation psychique. Nombre d’entre eux ont voulu se consoler en rendant visite à cette chère Justine Malbec à l’infirmerie mais pas de chance, celle-ci s’en est allée faire sa vie en dehors de l’ESCP en choisissant comme successeuse Eva Maille, dont les horaires d’ouvertures ne se sont pas améliorés entre temps.

Une source nous dit même que le célèbre économiste Emile Durkheim aurait revu sa théorie sur le suicide : il le considérait autrefois comme un élément saisonnier, gagnant en fréquence l’été du fait des liens sociaux plus intenses stigmatisant davantage les exclus. Cette semaine, en exclusivité, il vient d’admettre qu’un pic puisse également survenir durant l’hiver, à la date précise du 14 février.

L’administration est en pleine réflexion pour déterminer si elle autorisera ou non Fleur de Bitume à renouveler son projet l’an prochain.

[INTOX BY STREAMS] Rue des Enfants accusée d’abus de bien sociaux

Après un mois et demi de petits-déjeuners successifs, lesquels s’étirent bien souvent jusqu’à 17h, l’association Rue des Enfants se retrouve maintenant dans le collimateur des Finances Publiques. Les photos d’enfants tristes attendant la visite de leurs sauveurs et celles de ceux tout souriants ayant été aidés l’été dernier n’auront pas suffi à attendrir le cœur de pierre de Mme.Robador, contrôleuse fiscale. Cette dernière assure être bien déterminée à attaquer l’immense pile de richesses (accumulée à coups de Lydia de 1€ pour des demies crêpes avec des grumeaux faites à la va-vite ndlr) sur laquelle siègent les membres de l’association.

Le battement d’aile à l’origine de ce cyclone ? Un constat. Un coup au cœur des étudiants d’école de commerce motivés par l’amour de leur prochain. L’association pratiquerait l’abus de bien sociaux. Aucun des 12 appareils à raclette ne profitera à l’établissement d’une école au Togo. L’achat d’un écran géant 4K Full HD ne servira pas à la formation des agriculteurs péruviens mais bien à compléter le kit PS4 + Fifa acheté par la mission au Viêt-Nam. Au vu de ce gigantesque mécanisme de fraude organisée, c’est bien un scandale d’ampleur auquel est exposé le « groupe des gentils » comme ils aiment eux-mêmes s’appeler.

Les contestations se sont tout de suite fait entendre. Interrogé dans le couloir des associations un étudiant réagit : « C’est la porte ouverte à tous les courants d’air ! Ça commence comme ça et puis c’est quoi ensuite ? Bientôt ils profiteront de leur voyage pour prendre trois semaines de vacances ! A se demander ce qui les motive ! Aider les gens, partir en vacances ou éviter le stage ?! » Une colère légitime mais rappelons toutefois que la présomption d’innocence est toujours à l’œuvre bien que l’ignominie de l’acte nous le fasse parfois oublier. Affaire à suivre.

Témoignage.

-T’es inconsciente ?

-Oui, laisse moi tranquille s’il te plaît.

Il glisse sa main sous son legging, puis dans sa culotte.

-Non arrête s’il te plaît..

Elle enlève sa main. Il l’embrasse. Elle tourne la tête mais il la retient.

-Non, non …

Elle s’endort.

Il met sa main dans son soutien-gorge et lui attrape les seins.

-Arrête vraiment…laisse moi tranquille…

Elle se débat faiblement et essaie de retirer ses mains qui courent partout sur son corps. Cet effort l’épuise, elle est beaucoup trop saoule et s’endort à nouveau. Elle est réveillée par des caresses qui se font de plus en plus violentes, elle lutte. Il continue sans relâche. L’obscurité du bus du WEI lui permet d’agir en toute impunité. Tout le monde est saoul, personne ne voit, ils dorment. Même elle pense faire un cauchemar.

-Ne t’inquiète pas, moi aussi j’ai une copine.

[…]

4 mois plus tard, après la semaine ski.

-Il a recommencé.

-Alors je ne peux plus me taire.

Elle(s)

A wind of change in the Berlin campus

« Milton Friedman’s famous claim that the purpose of a company is to maximize profits is completely has been. » By opening with those words the first conference day of an annual business seminar, Andreas Kaplan, Dean of ESCP Europe Berlin, both surprised his audience and delighted numerous students. Two of them propose a personal look back at the event.

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