Fleur de bitume provoque une épidémie de dépression

14 février – jour de la Saint Valentin – le chiffre d’affaire des fleuristes atteint son apothéose.
Indéfectible contributeur à cette euphorie annuelle, l’association de conseil solidaire Fleur de Bitume a décidé de jouer les cupidons en proposant aux étudiants d’offrir des roses rouges aux élus de leur cœur pour le modeste prix de deux euros, car bien que l’amour n’ait pas de prix, en école de commerce rien n’est gratuit.

Quelle louable attention me direz-vous avec un sourire niais. Mais vous ne savez pas quelles conséquences désastreuses cette manifestation romantique recèle !
900 étudiants sur le campus ce 14 février, 250 roses livrées, 650 étudiants délaissés se sentant mal-aimés. Face aux entrées magistrales des envoyés d’apollon dans chaque classe, scandant le nom d’un heureux élu avant de lui tendre la fleur symbolisant l’affection de l’être aimant, nombre d’élèves ont développé un profond trouble de leur estime personnelle.

Comment supporter de ne pas recevoir de fleurs dans un tel contexte de course à la popularité et de de quête d’attention ? L’isolement social et affectif ressenti par une frange des scepiens s’est traduit par une importante fragilisation psychique. Nombre d’entre eux ont voulu se consoler en rendant visite à cette chère Justine Malbec à l’infirmerie mais pas de chance, celle-ci s’en est allée faire sa vie en dehors de l’ESCP en choisissant comme successeuse Eva Maille, dont les horaires d’ouvertures ne se sont pas améliorés entre temps.

Une source nous dit même que le célèbre économiste Emile Durkheim aurait revu sa théorie sur le suicide : il le considérait autrefois comme un élément saisonnier, gagnant en fréquence l’été du fait des liens sociaux plus intenses stigmatisant davantage les exclus. Cette semaine, en exclusivité, il vient d’admettre qu’un pic puisse également survenir durant l’hiver, à la date précise du 14 février.

L’administration est en pleine réflexion pour déterminer si elle autorisera ou non Fleur de Bitume à renouveler son projet l’an prochain.

Intox by Streams : Rue des Enfants accusée d’abus de bien sociaux

Après un mois et demi de petits-déjeuners successifs, lesquels s’étirent bien souvent jusqu’à 17h, l’association Rue des Enfants se retrouve maintenant dans le collimateur des Finances Publiques. Les photos d’enfants tristes attendant la visite de leurs sauveurs et celles de ceux tout souriants ayant été aidés l’été dernier n’auront pas suffi à attendrir le cœur de pierre de Mme.Robador, contrôleuse fiscale. Cette dernière assure être bien déterminée à attaquer l’immense pile de richesses (accumulée à coups de Lydia de 1€ pour des demies crêpes avec des grumeaux faites à la va-vite ndlr) sur laquelle siègent les membres de l’association.

Le battement d’aile à l’origine de ce cyclone ? Un constat. Un coup au cœur des étudiants d’école de commerce motivés par l’amour de leur prochain. L’association pratiquerait l’abus de bien sociaux. Aucun des 12 appareils à raclette ne profitera à l’établissement d’une école au Togo. L’achat d’un écran géant 4K Full HD ne servira pas à la formation des agriculteurs péruviens mais bien à compléter le kit PS4 + Fifa acheté par la mission au Viêt-Nam. Au vu de ce gigantesque mécanisme de fraude organisée, c’est bien un scandale d’ampleur auquel est exposé le « groupe des gentils » comme ils aiment eux-mêmes s’appeler.

Les contestations se sont tout de suite fait entendre. Interrogé dans le couloir des associations un étudiant réagit : « C’est la porte ouverte à tous les courants d’air ! Ça commence comme ça et puis c’est quoi ensuite ? Bientôt ils profiteront de leur voyage pour prendre trois semaines de vacances ! A se demander ce qui les motive ! Aider les gens, partir en vacances ou éviter le stage ?! » Une colère légitime mais rappelons toutefois que la présomption d’innocence est toujours à l’œuvre bien que l’ignominie de l’acte nous le fasse parfois oublier. Affaire à suivre.

Le changement, tant désiré, si peu réalisé

« Le changement c’est maintenant » disait un certain candidat à l’élection présidentielle de 2012. Les politiciens l’ont compris, le changement est vendeur. Chacun de nous est sensible à cet appel tant notre société peut sembler insatisfaisante. Néanmoins, les réalisations peinent à suivre, alors même que certains sujets font consensus.

           La grande majorité d’entre nous ne serait pas contre une société plus juste, plus démocratique et plus respectueuse de l’environnement. De même, nombreux sont ceux qui souhaiteraient plus d’égalité, ou plutôt moins d’inégalités, car ils ne comprennent pas comment il se peut que certains accumulent des millions pendant que d’autres vivent misérablement. Il ne s’agit pas forcément de désirer des changements radicaux mais simplement d’espérer atteindre un écart de richesse -et donc de pouvoir- raisonnable. Alors pourquoi toutes ces colères n’ont elles pas motivé des actions concrètes ? Certainement parce que nous participons tous de près ou de loin à cette situation, et que nous ne sommes pas forcément prêts à changer nos façons de faire. Ainsi, œuvrer pour la préservation de l’environnement exigerait de nous beaucoup de choses, à commencer par une consommation plus responsable : acheter moins mais mieux, ce qui en plus d’être pénible à première vue, n’est pas à la portée de tous. Il faudrait en effet se tourner vers des produits qui ont occasionné peu de nuisances pour l’environnement, c’est-à-dire vers des produits à faible consommation énergétique, faits en France afin de limiter la pollution générée par le transport ou encore vers des produits dont la production mobilise peu de ressources. Il faudrait aussi revoir notre style de vie en mangeant moins de viandes ou en limitant nos déchets par exemple. Autant de choses difficiles à réaliser, étant donné que tout nous incite à faire autrement. Surtout, nous avons tendance à éprouver ce sentiment que notre action reste négligeable et qu’il ne revient pas à nous seul de faire ces efforts. Prenons un autre exemple significatif, celui du secteur du spectacle et plus précisément du football. Qu’il s’agisse des salaires des joueurs de football, des sommes mises en jeu par les clubs ou de la corruption au sein de la FIFA, beaucoup de choses sont révoltantes, y compris pour les premiers passionnés de ce sport.

                Mais, encore une fois, comment faire pour limiter tous ces excès ? Finalement, notre seul pouvoir serait de ne pas participer à cette entreprise : ne pas aller au stade, ne pas acheter de maillots de foot, ne pas acheter FIFA 18, ne pas s’abonner à BeIN. Autrement dit, demander presque l’impossible à un vrai passionné de foot. C’est pour cela que le changement est si difficile à réaliser : il nous oblige à faire des sacrifices que nous ne sommes pas forcément prêts à assumer, surtout si aucun changement n’est garanti à la clef. Enfin, par notre consommation uniforme, nous contribuons au développement sans fin des plus grandes entreprises dont nous pouvons douter de la philanthropie. Ces entreprises ont acquis un pouvoir tel qu’elles peuvent se permettre d’avoir des pratiques abusives, ce qui accentue encore plus leur domination. Parmi ces pratiques répandues, il y a notamment la fraude fiscale. Même si nous ne serons jamais tous d’accord sur le taux d’imposition idéal, nous serons presque unanimes pour dénoncer la fraude fiscale, estimant qu’il est légitime qu’une entreprise qui exerce ses activités dans un pays paie les impôts de ce pays. On connaît tous le cas d’Apple qui a profité d’un traitement favorable par l’Irlande en ce qui concerne son imposition. Ainsi, pendant de longues années Apple n’a presque pas payé d’impôts en Europe. Ce n’est que récemment, avec la pression exercée par la Commission Européenne que l’Irlande a mis fin à ce montage financier et qu’Apple s’est mise à payer des impôts – même si l’entreprise continue à avoir recours à l’optimisation fiscale. La fraude fiscale n’est pas la seule pratique abusive : on aurait pu parler de l’obsolescence programmé ou du lobbying. Si nous dénonçons ces pratiques, cela ne nous a pas empêché de continuer à acheter le dernier Iphone ou le dernier Mac book. Nous gardons nos habitudes de consommation certainement parce que ces pratiques abusives sont rarement clairement avérées. En effet, la plupart du temps nous n’avons que des soupçons. Ainsi, nous accordons à ces informations moins de crédit qu’il en faudrait et nous avons tendance à penser que la situation est moins grave qu’on nous l’a présenté. Surtout, il est difficile de se passer des produits de ces grandes entreprises tant elles sont bien ancrées dans le paysage. Finalement avons-nous vraiment intérêt à changer les choses si cela demande tant de sacrifices ? Cela nous fait aboutir à ce paradoxe : si nous sommes désireux de changement, nous sommes aussi conservateurs par nos actes.

                Ainsi, Léon Tolstoï, auteur russe, écrivait : « tout le monde pense le changement, mais personne ne pense à se changer soi-même ». Nous optons pour une position attentiste car nous avons tendance à concevoir le changement au regard de ses coûts plutôt qu’au regard de l’objectif atteint. Pourtant, il serait illusoire de penser que le changement viendrait de lui-même : il a besoin d’acteurs. Cela suppose de mesurer notre volonté car, comme nous l’avons vu, le changement implique des sacrifices – plus ou moins grands selon son avancement – si bien qu’il ne peut pas être motivé par un intérêt mais par des valeurs. Ainsi, vouloir le changement, c’est agir conformément à ses valeurs, aussi difficile que cela puisse être. Alors, ce changement ne sera plus un vague désir mais un espoir au coin de sa tête, et qui sait, peut-être qu’il finira par devenir une réalité.

Témoignage.

-T’es inconsciente ?

-Oui, laisse moi tranquille s’il te plaît.

Il glisse sa main sous son legging, puis dans sa culotte.

-Non arrête s’il te plaît..

Elle enlève sa main. Il l’embrasse. Elle tourne la tête mais il la retient.

-Non, non …

Elle s’endort.

Il met sa main dans son soutien-gorge et lui attrape les seins.

-Arrête vraiment…laisse moi tranquille…

Elle se débat faiblement et essaie de retirer ses mains qui courent partout sur son corps. Cet effort l’épuise, elle est beaucoup trop saoule et s’endort à nouveau. Elle est réveillée par des caresses qui se font de plus en plus violentes, elle lutte. Il continue sans relâche. L’obscurité du bus du WEI lui permet d’agir en toute impunité. Tout le monde est saoul, personne ne voit, ils dorment. Même elle pense faire un cauchemar.

-Ne t’inquiète pas, moi aussi j’ai une copine.

[…]

4 mois plus tard, après la semaine ski.

-Il a recommencé.

-Alors je ne peux plus me taire.

Elle(s)

Intox by Streams : 19 copies d’Humanités et Management perdues, enquête exclusive

Les jours passent et les erreurs s’amassent. Nouveau rebondissement dans la vie de débauche d’ESCP EUROPE (Merci mon BDE !). En ce vendredi 2 février, 19 étudiants ont eu la joie de recevoir un mail les informant que leurs copies d’Humanités et Management avaient été égarées. Ces heureux élus repasseront l’épreuve le 14 février dans des conditions d’examen parfaites.

Comment en est-on arrivé là ? Retour 3 semaines et demie en arrière. Vendredi 12 janvier précisément. Il est 15h, sur les 19 élèves présents en salle 2410, 18 ont déjà fini de composer depuis 45 minutes. Un dernier polard attaque sa troisième partie, il regarde son chronomètre, pas sûr d’avoir le temps de conclure. Dommage ça sera pas sa meilleure dissert, il fera mieux la prochaine fois. Mme. Micheline, 62 ans ancienne employée de la CCI, à la retraite depuis maintenant 15 ans, maquillée comme une voiture volée et aussi odorante qu’un magasin Sephora guette le décompte de l’horloge atomique. Neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un… Et c’est fini ! Notre polard rend sa copie, Mme. Micheline les range dans la belle enveloppe craft, qui crisse de manière si agréable quand elle l’ouvre.

Bond de 4h, l’enveloppe est dans le casier d’un homme. A cet instant, toutes les copies sont encore regroupées. Rien d’anormal. Rien à signaler. Elles attendent tranquillement l’heure de la correction, l’heure de la sentence, l’heure de la morsure du stylo rouge, celle de la flagellation lorsque la page sera barrée.  Mais le drame n’a pas encore eu lieu. La perte fut-elle donc ultérieure ? Poursuivons.

Lundi 29 janvier. Il est temps de commencer à corriger. Certes il aurait été plus judicieux de s’y mettre dès la fin de l’examen mais bon, comme personne ne travaille dans cette école, pas de raison que les correcteurs échappent à la règle. Nos paquets de copies sont toujours regroupés, suspens. Toujours pas de perte. La correction commence. Sans surprise cela va vite : on lit en diagonale, on écrit de manière illisible une annotation quelconque, on pioche un jeton dans le sac du HASARD et on écrit sur la copie le numéro tiré. (Que toutes les personnes ayant eu des notes comme 23, 35, 42 ne s’étonnent pas, c’est un sac de loto donc c’est numéroté jusqu’à 49…)

Lundi 29 janvier. La correction est enfin finie. C’était pas facile. 334 copies en une demie journée. (Les petits malin matheux qui feraient le calcul et me diraient que 355 moins 19 fait 336 ont oublié que 2 personnes en PMY sont à Turin) Et là c’est le drame. Alors que le calvaire de la correction est terminé, un paquet de copies fait son apparition, il était caché par La Philosophie pour les Nuls. C’est le nôtre. Le paquet disparu…

Que faire quand la flemme vous prend et que vos obligations vous frappent ? La fuite. Et voilà l’erreur, l’instant de la disparition. Alors, notre correcteur s’empare du paquet et s’approche du brasero au fond de son salon. Celui qui repose sur l’autel à Aristote et Milton Friedmann. L’autel sacrificiel du manager philosophe. Et dans un élan de folie il embrase les copies, la fumée qui s’en échappe enlace les idoles et le travail des élèves de la salle 2410 part en cendres.

L’énigme est donc résolue. Les copies ne seront pas retrouvées. Mais si cela peut leur servir de consolation elles ont nourri la réflexion sur l’inter discipline. Elles sont la chaleur qui alimente la pensée anachronique de concepts du XXème siècle appliqués à l’Antiquité. Plus d’inquiétude cependant ! Devant un tel fiasco la décision a été prise de supprimer la matière l’année prochaine, elle sera remplacée par le « Bullshit & Management » nom jugé plus adéquat puisqu’il s’agit d’aider les étudiants à raconter n’importe quoi en se faisant croire qu’ils utilisent leur intellect.

PS : Si la majeure partie de ce récit est inventée (charge à votre personne d’en démêler le vrai du faux), ces copies ont bel et bien été perdues. Les 19 chanceux repasseront l’épreuve le 14 février de 18h30 à 19h30. N’attendez donc pas vos résultats de partiels avant cette date.

[INTOX BY STREAMS] Le coin à lécher des copies d’examen déclaré cancérigène par l’OMS

Coup de tonnerre dans le monde des études supérieures. Le Ministère de la Santé a relayé aujourd’hui une des publications de l’OMS. Son objet ? Une étude menée par une équipe de scientifiques de l’Université de Paris V sur les colles à lécher. Vous avez forcément déjà expérimenté ce délicat léché de timbre, d’enveloppe ou de copie dans votre vie, mais savez-vous vraiment de quoi est faite cette colle ?

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Du bon usage de l’outil Tinder en école de commerce

Bien souvent, une fois arrivé en école de commerce se pose la question de la séduction. Les deux voire trois années de classe préparatoire aux grandes écoles ont été l’occasion de placer l’intellect au premier plan, au détriment de la famille, de l’hygiène, voire de l’amour (on se permettra ici de rappeler le vieil adage « prépa maquée, prépa ratée »). Ainsi, une cohorte de jeunes gens en quête d’affection intègre, et pour une partie non négligeable, c’est l’occasion idoine de renouer avec les plaisirs de la chair.

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