Gentille pinte à la clef

Avec 355 étudiants en Pré-Master, 160 en Master 1, si l’on est bien loin des 600 étudiants par promo de certaines écoles de commerce, difficile de dire que le campus de République ne voit pas passer de nombreuses têtes. Combinez à cela la loi des Grands Nombres, la loi de Murphy et une tendance marquée à la consommation d’alcool et vous vous retrouverez avec une dose quotidienne d’appel à l’aide lancés sur les groupes de promo.

« Perdu sac Eastpack noir en salle 4210, une pinte pour l’âme charitable qui me le ramène »

« Quelqu’un aurait vu un chargeur de Mac en salle de compta ce matin ? Pinte et reconnaissance éternelle à celui ou celle qui l’a retrouvé ! »

Ainsi du chargeur oublié en amphi au sac égaré dans le couloir des assos en passant par la veste négligemment abandonnée sur un canapé du Quatter, les objets perdus et heureusement retrouvés sont légions. A tel point que l’on est parfois en droit de se demander si « ESCP Promo 2020 » ne s’appellerait pas mieux « Objets trouvés ESCP Paris République ».

De cette multitude de cris de détresse se détache un phénomène qui, s’il peut paraître motivé par de louables intentions, ne manquera pas d’éveiller l’intérêt. Il s’agit vous l’avez compris et sans aucun doute déjà remarqué du « Gentille pinte à la clé ». Combien de messages parmi tous ceux postés dans le court laps de temps des 4 premiers mois de cours ne le mentionnaient pas ? Il semblerait que la norme de l’appel à l’aide nécessite désormais la spécification de la récompense à l’arrivée : la fameuse pinte.

Rien de répréhensible à manifester sa gratitude envers la personne qui vous ramènera votre Eastpack noir me direz-vous ? (Bien que l’enchaînement de posts au sujet de la perte de ce-dit sac porte à croire que 3 personnes se font tourner le même sac justifiant par là-même l’offre réciproque de pinte. Mais ceci est une autre histoire, nos journalistes d’investigation sont sur le coup.) Non bien entendu, et les plus sharks d’entre nous irons même jusqu’à dire que toute peine méritant salaire, il est normal que ceux prenant la peine de s’occuper de retrouver le possesseur de l’objet perdu s’en voient récompensés. Mais en est-on vraiment certain ? Certes les écoles de commerce n’ont pas vocation à faire de nous des humanistes, même si Frank Bournois se plaît à nous rappeler l’engagement RSE de la sienne. Mais tout de même, nous parlons ici de rendre service, d’effectuer un geste tout à fait normal envers l’une ou l’un de nos congénères. N’en arrive-t-on pas à un niveau de marchandisation des relations sociales du quotidien inquiétant ? Prenez garde ! La pente est glissante et au rythme actuel le Doliprane en lendemain d’OB pourrait bientôt être coté… Que dire alors de la signature pour vos 5 camarades n’ayant pas eu la force de se déplacer en statistiques ?

Cessez-donc de mentionner à chaque appel à l’aide que vous offrez une pinte à l’âme charitable qui nous rendra service. L’âme charitable n’attend pas de récompense, le seul plaisir d’avoir pu vous soutenir dans un moment difficile la comble déjà. Quid du bon moment passé avec votre bienfaiteur alors ? Offrez-lui tout de même la pinte sans l’avoir spécifié : vous verrez qu’elle n’en sera que meilleure dès lors que vous n’aurez pas l’impression de payer une récompense.

Aidez-vous les uns les autres, buvez de la bière mais faites-le par envie de partager d’agréables moments avec entre camarades. (Rappelons au passage que payer pour des moments de plaisir avec d’autres personnes est illégal)

PS : Voici un exemple de ce que vous deviendrez si ça continue. Et croyez moi devoir promettre un an de bière gratuite à des élèves quand on est enseignant chercheur dans une institution triplement accréditée c’est pas joli joli comme état d’esprit.

PPS : N’hésitez pas à imprimer le bon cadeau en image de cet article et à le donner à la personne dont vous êtes redevables.

[INTOX BY STREAMS] Le coin à lécher des copies d’examen déclaré cancérigène par l’OMS

Coup de tonnerre dans le monde des études supérieures. Le Ministère de la Santé a relayé aujourd’hui une des publications de l’OMS. Son objet ? Une étude menée par une équipe de scientifiques de l’Université de Paris V sur les colles à lécher. Vous avez forcément déjà expérimenté ce délicat léché de timbre, d’enveloppe ou de copie dans votre vie, mais savez-vous vraiment de quoi est faite cette colle ?

Lire la suite

Typologie d’une classe de PMY

Par Lucie Renard

Cela fait maintenant quatre petits mois que tu arpentes les couloirs de l’ESCP d’un pas de plus en plus assuré et tu connais désormais suffisamment de gens pour ne pas avoir besoin de prévoir tous les jours avec qui tu déjeuneras à la cantine. Tu as noué des relations dans tes assos, tes sports, mais aussi dans ta classe. Ta classe … ce groupe d’une vingtaine de prémas qui abrite en son sein des profils divers et variés, pour le meilleur et pour le pire.

Lire la suite

Du bon usage de l’outil Tinder en école de commerce

Bien souvent, une fois arrivé en école de commerce se pose la question de la séduction. Les deux voire trois années de classe préparatoire aux grandes écoles ont été l’occasion de placer l’intellect au premier plan, au détriment de la famille, de l’hygiène, voire de l’amour (on se permettra ici de rappeler le vieil adage « prépa maquée, prépa ratée »). Ainsi, une cohorte de jeunes gens en quête d’affection intègre, et pour une partie non négligeable, c’est l’occasion idoine de renouer avec les plaisirs de la chair.

Lire la suite

7 astuces pour différencier un bide à bière post-Quatter d’un début de grossesse

Par Pauline Fulcheri

ASTUCE 1

Si la plèbe consent à te laisser une place assise dans le métro à 8:30 –pourtant si péniblement acquise- après avoir aperçu ta panse proéminente, c’est que tu attends certainement un enfant. Et aussi que tu n’habites pas à Paris. Personne ne fait ça à Paris.

Lire la suite

Décryptage de la ligne 3

Par Julie Deshayes

Les lumières rouges clignotent au loin. Une fois, deux fois, tu sautes furtivement dans le wagon avant l’ultime troisième appel lumineux. Un petit bout de ton sac se coince dans les portes mais à force d’acharnement tu réussis à l’extirper, tant pis si le cuir est abîmé, tu ne peux pas te permettre d’attendre trois minutes de plus, c’est une question de vie ou de mort, la demi-absence au cours de stat de Lynn Farah est en jeu. Le souffle haletant, tu savoures ta victoire contre le temps et sur ton visage se dessine un air de satisfaction digne de James Bond venant de désamorcer une bombe deux secondes avant son explosion. Submergé par ta fierté et ton héroïsme, tu te tiens fièrement à la barre centrale pour aller accomplir ton devoir d’étudiant à la sacrosainte école de commerce ESCP Europe où l’avenir t’attend.

Lire la suite