Flash info : Une nouvelle association identitaire à l’ESCP Europe

C’est une information capitale qui vient de nous être délivrée aujourd’hui : les trois pauvres étudiants d’origine bretonne, toutes promos confondues, ont décidé de lancer leur association (bien évidemment non reconnue par l’administration) ESCPlouc : reportage.

C’est au détour de la gare Montparnasse que Brieuc nous donne rendez-vous. Dans ce quartier où la galette est reine, il nous en dit un peu plus sur ce projet associatif. « C’est un lieu très important pour moi, c’est là où se sont installés mes ancêtres en arrivant à Paris. Je ne rêve que d’une chose, pendant ma scolarité : étudier sur le campus de Montparnasse pour être au plus près de mes racines ».

Détrompez-vous, le terme plouc n’a pas été choisi pour décrire des ivrognes paysans (à ne pas confondre avec les étudiants de l’EDHEC), mais est bien un terme historique désignant les bretons immigrés à Paris à la fin du 19ème   siècle.  ESCPlouc lance dès la fin de la semaine son événement « Save the Date : petit déjeuner » durant lequel vous pourrez goûter des galettes délicieuses, contrairement à celles que vous lâchez en soirée. « Notre objectif pour les prochains mois est d’organiser un voyage en Bretagne, sur le site du dernier WEI de l’histoire de l’ESCP. Pour cela, nous avons commencé à récolter des fonds, notamment par l’intermédiaire de concerts de cornemuse dans le métro » nous explique Brieuc. Face au succès plus que probable de son association, il se projette vers l’avenir et nous en dit plus quant au futur de l’association : « Notre modèle de développement sur le long terme est d’atteindre voire de dépasser l’inactivité d’ESCP Liban ». Une tâche qui s’annonce bien difficile.

La rédaction souhaite bon courage à ces trois andouilles pour la réalisation de ce projet moderne, ambitieux et qualitatif. Kénavo.

Rayan Cherche Aly et Maela Dausse

Dans les coulisses d’ArtManiac

Dimanche 25 mars – 14h30 – 79 avenue de la République.

J’ai aujourd’hui l’immense privilège d’assister à la répétition générale d’Art Maniac. Les 22 comédiens s’apprêtent à jouer une adaptation du Bal des voleurs, une pièce de Jean Anouilh datant de 1938, et relatant la rencontre entre la riche famille de Lady Hurf et trois voleurs déterminés à la dépouiller de ses richesses. C’est au Quatter qu’a lieu la répétition, un lieu qui m’est plutôt familier après six mois passés à y enchaîner les bières. Pourtant, une fois le seuil de l’antre franchi, je ne sais plus où je suis. Dans une ambiance noire rehaussée de quelques faisceaux lumineux, de grands draps suspendus au plafond segmentent la pièce en plusieurs zones mystérieuses. Comédiens, régisseur, metteur en scène s’affairent à régler les derniers détails pour la pièce ; pendant que certains fixent leur moustache, d’autres noircissent leurs joues au charbon, ajustent un projecteur ou relisent quelques notes. Leur metteur en scène, Ronan, ancien Art Maniac diplômé de l’ESCP il y a deux ans, travaille avec eux depuis le mois de novembre à un rythme acharné. Répétition des scènes, exercices de prosodie, de décomposition des gestes ou d’élargissement des intentions, le théâtre ça ne s’invente pas. Ils ont également dû travailler sur les décors, le maquillage et les costumes, un travail de longue haleine pour lequel la créativité de Lulu, une ancienne de l’asso ayant créé Rollet Couture, fût d’une aide précieuse.

Mais s’il est une difficulté encore plus grande à laquelle la troupe a dû se confronter, c’est celle du secret. Art Maniac, ce sont des visages camouflés par un masque blanc, un local aux mille mystères dans lequel peu d’élus peuvent pénétrer, des esquives permanentes pour ne pas dévoiler ne serait-ce qu’à ses amis les plus proches le moindre détail sur la pièce. Et ce secret, ils le partagent ensemble, ce que tous reconnaissent comme étant d’une efficacité redoutable pour souder des énergies autour d’un projet et renforcer les confiances mutuelles. Ce secret, ils l’étoffent pour la dernière fois cet après-midi devant moi.

Tiraillement entre devoirs et sentiments, nostalgie d’une vie sans flammes, complexité de l’adolescence, conflit d’identité, amour désabusé, il n’est pas étonnant que Ronan ait choisi ce texte d’une grande richesse pour la troupe. Dans ce bal mêlant une farandole de comédiens à un rythme délirant, on ne sait plus très bien qui joue et qui ne joue pas.

Quel personnage que cette Lady Hurf. La peau décrépie, un regard en perdition marqué de cernes creusées par la fatigue et l’ennui, cette sexagénaire semble usée par la vie. Mais en dépit de son apparente fragilité, c’est elle la femme forte qui régente la pièce et dont l’aura capte tous les regards. Même noyée sur scène au milieu de dix autres personnages, l’amplitude de ses gestes, l’exubérance de ses fourrures et l’autorité émanant de sa voix lui confèrent une place à part.  C’est à en oublier la comédienne qui l’incarne, dont les vingt ans ont été effacés par quelques habiles traits de pinceau.

J’ai davantage l’impression de découvrir un bout de la personnalité cachée de chacun.

Et Eva, n’était-elle pas encore une personne toute douce et timide il y a une heure ? Où est-elle allée puiser cette voix forte et violente, ce regard séducteur et cette posture sensuelle ? J’ai beau vouloir croire à des métamorphoses ponctuelles, celles du comédien qui plonge dans son rôle puis le quitte en même temps que son costume, j’ai davantage l’impression de découvrir un bout de la personnalité cachée de chacun.

Subjugués par le jeu des comédiens, on oublierait presque la mise en scène millimétrée avec laquelle ils évoluent. Les décors se succèdent à un rythme effréné sans ne laisser aucun détail au hasard. Dans cette pièce où le voleur peut se transformer en fleur, une table peut se faire cachette et un même canapé peut accueillir querelles, confidences, amour, déchirements.

Vous repartirez sûrement du passage vers les étoiles songeurs. Songeurs quant à vos rêves de jeunesse, qui ne sont vus par vos aînés que comme les désillusions d’une vie passée. Songeurs quant à l’inégal accès au bonheur, réservé aux amoureux naïfs mais confisqué aux plus sceptiques et pragmatiques. Songeurs quant à l’absurdité de la vie, des perles et des bijoux. Songeurs quant à notre addiction à l’oubli ou à son synonyme qu’est le divertissement.

Et si vous ne comprenez rien au sens de mes songes obscures, dépêchez-vous d’aller les voir, il n’est pas trop tard.

224 étudiants en PMY à ESCP EUROPE découvrent la bibliothèque de leur campus

Samuel de Champlain découvrit les terres de Québec en 1608, le commandant Cousteau n’eut cesse d’explorer les fonds sous-marins et Théophile Gautier les mers de sable infinies du Sahara. Marchant dans les pas de ces géants, l’élite de la nation, la jeunesse française en grande école poursuit cette œuvre.

En ce lundi 5 mars, à l’aube de l’après midi alors même que le stand grillade du self fermait, un équipage de 224 étudiants a mis les pieds sur des terres qui leurs étaient encore inconnues : la bibliothèque du 79 avenue de la République. Les vents de rattrapages soufflés par le midterm de finance qui les attendait à 17h00 y sont-ils pour quelque chose ? Nul ne peut le dire.

Aucun risque de colonialisme cependant, interrogée Madame Anne-So-Le. monarque de ces territoires encore inexplorés confirme : « Nous avons déjà vécu à de multiples reprises de tels raids, malheureusement l’intérêt des barbares pour les richesses de nos terres dépasse rarement une semaine, il repartiront comme ils sont venus d’ici peu… »

Leaders de demain, vraiment ?

Jour de la rentrée pour les premières années. Succession de discours par une pléthore de professeurs émérites et de brillants PDG. Un seul mot d’ordre : vous êtes l’élite et les leaders de demain.
Après deux années de classes préparatoires durant lesquelles son estime de soi a souvent été malmenée, l’étudiant savoure cette douce mélodie. L’avenir lui appartient, tout est désormais possible, le monde est à ses pieds.

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Moi. Ivre. Survivre.

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 16/01/2018

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Et puis, au détour d’un dîner, des pizzas entre amies, rien de plus banal vraiment, on en parle. Discrètement, ce sujet fait sa place à table, tel un matou qui sort de l’ombre, la démarche lascive, et vient se lover sur le canapé l’air de rien. Les langues se délient, cela fait désormais trop longtemps que l’on a enterré le secret dans l’abîme de sa mémoire. Le monstre est devenu docile mais parfois, lorsque certains mots le réveillent au loin, ce n’est que souffrance et tourment qu’il propage dans le cœur. Il rugît, il veut revoir la lumière du jour. Mais pour quel accueil ?

Les mots, quels mots ? Tout part d’un nom et, par association, on prononce les mots « viol », « consentement » et « alcool », noyés parmi d’autres noms communs bien autrement communs à notre langage de tous les jours. « Alcool », me direz-vous, n’a rien d’un mot étranger. Prononcé au moins hebdomadairement, lu d’autant plus régulièrement sous sa forme anglaise dans les memes que nous consommons chaque jour frénétiquement, il ne nous affecte désormais guère en tant que simple mot.

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Le changement, tant désiré, si peu réalisé

Par Mathis Gadalou
« Le changement c’est maintenant » disait un certain candidat à l’élection présidentielle de 2012. Les politiciens l’ont compris, le changement est vendeur. Chacun de nous est sensible à cet appel tant notre société peut sembler insatisfaisante. Néanmoins, les réalisations peinent à suivre, alors même que certains sujets font consensus.

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Témoignage.

-T’es inconsciente ?

-Oui, laisse moi tranquille s’il te plaît.

Il glisse sa main sous son legging, puis dans sa culotte.

-Non arrête s’il te plaît..

Elle enlève sa main. Il l’embrasse. Elle tourne la tête mais il la retient.

-Non, non …

Elle s’endort.

Il met sa main dans son soutien-gorge et lui attrape les seins.

-Arrête vraiment…laisse moi tranquille…

Elle se débat faiblement et essaie de retirer ses mains qui courent partout sur son corps. Cet effort l’épuise, elle est beaucoup trop saoule et s’endort à nouveau. Elle est réveillée par des caresses qui se font de plus en plus violentes, elle lutte. Il continue sans relâche. L’obscurité du bus du WEI lui permet d’agir en toute impunité. Tout le monde est saoul, personne ne voit, ils dorment. Même elle pense faire un cauchemar.

-Ne t’inquiète pas, moi aussi j’ai une copine.

[…]

4 mois plus tard, après la semaine ski.

-Il a recommencé.

-Alors je ne peux plus me taire.

Elle(s)

A wind of change in the Berlin campus

« Milton Friedman’s famous claim that the purpose of a company is to maximize profits is completely has been. » By opening with those words the first conference day of an annual business seminar, Andreas Kaplan, Dean of ESCP Europe Berlin, both surprised his audience and delighted numerous students. Two of them propose a personal look back at the event.

By Amélie Galin and Pauline Deydier

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[INTOX BY STREAMS] 19 copies d’Humanités et Management perdues, enquête exclusive

Les jours passent et les erreurs s’amassent. Nouveau rebondissement dans la vie de débauche d’ESCP EUROPE (Merci mon BDE !). En ce vendredi 2 février, 19 étudiants ont eu la joie de recevoir un mail les informant que leurs copies d’Humanités et Management avaient été égarées. Ces heureux élus repasseront l’épreuve le 14 février dans des conditions d’examen parfaites.

Comment en est-on arrivé là ? Retour 3 semaines et demie en arrière. Vendredi 12 janvier précisément. Il est 15h, sur les 19 élèves présents en salle 2410, 18 ont déjà fini de composer depuis 45 minutes. Un dernier polard attaque sa troisième partie, il regarde son chronomètre, pas sûr d’avoir le temps de conclure. Dommage ça sera pas sa meilleure dissert, il fera mieux la prochaine fois. Mme. Micheline, 62 ans ancienne employée de la CCI, à la retraite depuis maintenant 15 ans, maquillée comme une voiture volée et aussi odorante qu’un magasin Sephora guette le décompte de l’horloge atomique. Neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un… Et c’est fini ! Notre polard rend sa copie, Mme. Micheline les range dans la belle enveloppe craft, qui crisse de manière si agréable quand elle l’ouvre.

Bond de 4h, l’enveloppe est dans le casier d’un homme. A cet instant, toutes les copies sont encore regroupées. Rien d’anormal. Rien à signaler. Elles attendent tranquillement l’heure de la correction, l’heure de la sentence, l’heure de la morsure du stylo rouge, celle de la flagellation lorsque la page sera barrée.  Mais le drame n’a pas encore eu lieu. La perte fut-elle donc ultérieure ? Poursuivons.

Lundi 29 janvier. Il est temps de commencer à corriger. Certes il aurait été plus judicieux de s’y mettre dès la fin de l’examen mais bon, comme personne ne travaille dans cette école, pas de raison que les correcteurs échappent à la règle. Nos paquets de copies sont toujours regroupés, suspens. Toujours pas de perte. La correction commence. Sans surprise cela va vite : on lit en diagonale, on écrit de manière illisible une annotation quelconque, on pioche un jeton dans le sac du HASARD et on écrit sur la copie le numéro tiré. (Que toutes les personnes ayant eu des notes comme 23, 35, 42 ne s’étonnent pas, c’est un sac de loto donc c’est numéroté jusqu’à 49…)

Lundi 29 janvier. La correction est enfin finie. C’était pas facile. 334 copies en une demie journée. (Les petits malin matheux qui feraient le calcul et me diraient que 355 moins 19 fait 336 ont oublié que 2 personnes en PMY sont à Turin) Et là c’est le drame. Alors que le calvaire de la correction est terminé, un paquet de copies fait son apparition, il était caché par La Philosophie pour les Nuls. C’est le nôtre. Le paquet disparu…

Que faire quand la flemme vous prend et que vos obligations vous frappent ? La fuite. Et voilà l’erreur, l’instant de la disparition. Alors, notre correcteur s’empare du paquet et s’approche du brasero au fond de son salon. Celui qui repose sur l’autel à Aristote et Milton Friedmann. L’autel sacrificiel du manager philosophe. Et dans un élan de folie il embrase les copies, la fumée qui s’en échappe enlace les idoles et le travail des élèves de la salle 2410 part en cendres.

L’énigme est donc résolue. Les copies ne seront pas retrouvées. Mais si cela peut leur servir de consolation elles ont nourri la réflexion sur l’inter discipline. Elles sont la chaleur qui alimente la pensée anachronique de concepts du XXème siècle appliqués à l’Antiquité. Plus d’inquiétude cependant ! Devant un tel fiasco la décision a été prise de supprimer la matière l’année prochaine, elle sera remplacée par le « Bullshit & Management » nom jugé plus adéquat puisqu’il s’agit d’aider les étudiants à raconter n’importe quoi en se faisant croire qu’ils utilisent leur intellect.

PS : Si la majeure partie de ce récit est inventée (charge à votre personne d’en démêler le vrai du faux), ces copies ont bel et bien été perdues. Les 19 chanceux repasseront l’épreuve le 14 février de 18h30 à 19h30. N’attendez donc pas vos résultats de partiels avant cette date.

ENTRE LES LIGNES: ce qui vous a échappé dans la conférence de Manuel Valls

Par Nicolas Laine

Macron – Valls : Un échec mal digéré, une animosité mal dissimulée

 L’ancien Premier Ministre, alors même qu’il était encore une des personnalités politiques françaises les plus appréciées il y a un an et demi, s’est-il fait doubler par l’ancien banquier inexpérimenté en politique. Féru de la langue de bois, il nous faut lire entre les lignes pour mieux comprendre la relation qui lie Manuel Valls à Emmanuel Macron.

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