Intox by Streams : Un syndicat étudiant demande une réévaluation du nombre de travaux de groupe à la hausse

Aly Streams

Couloir des associations

ESCP EUROPE

 

 

A l’intention de l’administration de l’ESCP

 

Objet : pétition pour plus de travaux de groupes.

 

 

Madame, Monsieur,

 

En notre qualité d’étudiants dans la plus ancienne école de commerce du monde, nous ne pouvons plus nous taire. D’OPEN à SEB au projet d’ITS, du Projet de Droit au Projet de Statistiques, de Cogest à Hermès, des exposés d’Anglais aux exposés d’Espagnol, le premier semestre a su nous donner le goût des travaux de groupe, de l’entraide, de la solidarité. Après deux années d’individualisme préparationnaire, retrouver l’esprit de bonne camaraderie du TPE d’antan fut réellement source d’épanouissement.

 

Mais qu’en est-il du deuxième semestre ? Certes, il y a le projet de Coding, celui de Coûts et Décisions, de Psychologie et Management, nos chers exposés de langues … et c’est tout. Cinq projets pour un semestre : nous sommes bien loin des neuf travaux du cycle précédent. La rigueur que l’on nous imposait a autant chuté que la qualité de nos aubés.

Davantage de temps libre: pour quoi faire? S’amuser, sortir, se cultiver, visiter Paris ? Non, ce n’est pas ce que nous désirons. Nos habitudes sont désormais fixées : à 8 heures, nous sommes des étudiants bosseurs, à 18 heures, des scepiens au Quatter. Peu nous importe d’être bullshités tant que nous sommes occupés. Aussi réclamons nous de nouveaux projets, en Finance, en Fast Track, voire en Humanités où nous regrettons de ne pas avoir eu l’opportunité de plus travailler.

 

Il nous semble important de vous rappeler l’essence et la pertinence du projet de groupe.

En premier lieu, il relève d’une utilité pédagogique. En effet, lié à notre cours, il nous permet d’être certains que les méthodes de manager-leader-beau-parleur-tchatcheur qui nous sont enseignées sont bien acquises. Heureusement, notre attention est telle que l’on ne saurait en douter : ces projets sont généralement terminés en une demi-journée.

 

Outre cette dimension éducative, ils sont aussi un moyen d’épanouissement social. Systématiquement, ils mettent en relation des élèves aux mentalités différentes, dont l’osmose est source d’un merveilleux résultat. Sur un groupe de six, un seul aura l’honneur de mener le projet du début à la fin. Il sera secondé d’un camarade stressé, moins à l’initiative, mais satisfait d’avoir apporté sa pierre à l’édifice. Deux autres, culpabilisant de ne pas avoir la moindre idée de la thématique traitée, mettront leur sens artistique au service du groupe grâce à une mise en page de qualité. Ne les sous-estimons pas : comme le dit si bien Victor Hugo, ‘’La forme, c’est le fond qui remonte à la surface’’. Enfin viennent les deux derniers, ceux qui n’ont jamais le temps. Parce que boire et piécer toute la soirée, ça demande de l’investissement. Ces membres fantômes, ces passagers clandestins, lorsqu’ils croiseront leurs camarades dans les couloirs, oseront affirmer, déterminés, que ce week-end ils s’y mettront vraiment: ils y ajouteront leur nom, tout simplement.

 

Le projet de groupe, plus qu’un simple devoir, est une leçon de vie. Il apprend aux plus bosseurs d’entre nous qu’il faut savoir partager son travail: c’est ça le capitalisme, c’est ça l’école de commerce. Et il rassure les moins investis, qui pour chacun de ces travaux retiendront la même leçon: face à la pression, il faut savoir déléguer.

 

Parce que c’est notre projet,

Nous comptons sur vous.

 

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