Peut-on sauver la planète grâce au végétarisme ?

Nos ressources se raréfient. Nos forêts sont en danger. Notre couche d’ozone perd de son épaisseur, et de son homogénéité. Tout le monde le dit ; les médias, les scientifiques, les hommes politiques nous alertent. Nous l’apprenons à l’école, au collège, dans le supérieur : si notre société préserve ses habitudes actuelles, sans jamais se remettre en question, la température planétaire augmentera de plus de 2°C d’ici à 2100. Cela entraînera des changements climatiques auxquels nous ne sommes pas forcément prêts à faire face.

            Mais en quoi ces informations, qui semblent nous entourer chaque jour, se rappeler à nous dès que nous lisons les journaux, regardons les nouvelles ou lorsque nous approchons un nouveau Noël dénué de neige, sont-elles liées au végétarisme ?
            Eh bien, de prime abord, la réponse est assez simple. Le végétarisme n’a rien à voir avec le climat. On nous dit que le végétarisme est un choix de vie. Qu’il concerne seulement les personnes qui refusent que les animaux soient mis en danger, et soient maltraités. On nous dit que c’est un choix éthique, moral et personnel. Et vous, qu’en pensez-vous ?
            Peut-être faites-vous partie de ces personnes qui changent leurs habitudes alimentaires non pas en raison de leurs croyances intimes, mais bien pour tenter de soutenir l’environnement, et la biodiversité que nous avons la chance de côtoyer. Devenir végétarien, flexitarien, végétalien, vegan serait alors plus qu’une « mode », plus qu’un « choix personnel ». Au contraire, ce serait une solution partielle aux enjeux environnementaux.

            Car les chiffres sont frappants. Greenpeace l’a montré : 14% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial sont causés par l’élevage, et ce, en 2015. Or, nos habitudes de consommation alimentaires sont toujours similaires actuellement. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a publié en 2019 un rapport (intitulé Changement climatique et terres émergées) dans lequel il corrobore cette affirmation. Un des coprésidents d’un groupe de travail du GIEC, Jim Skea, affirme ainsi : « L’agriculture, la foresterie et d’autres types d’utilisation des terres représentent 23% de nos émissions de gaz à effet de serre ». L’agriculture et l’élevage ne sont pas les seuls responsables de la pollution planétaire, loin de là. Mais ils ne sont pas innocents non plus.
Ils contribuent à la dégradation des sols et à la raréfaction de l’eau. D’autres chiffres circulent : entre 15 000 et 25 000 litres sont nécessaires pour prodiguer 100g de bœuf. A titre de comparaison, seulement 25 litres d’eau permettent la production de 100 grammes de blé.
            Mais ils contribuent aussi, indirectement, à la déforestation. Car pour obtenir des pâtures et les endroits nécessaires à l’épanouissement d’un élevage, des parties boisées ont dû être altérées et des parcelles de forêt primaire détruites. Une conséquence de cela est la perte de notre biodiversité : des espèces animales disparaissent, notamment dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Pourquoi ? En 2006, la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) publie déjà un rapport qui aborde le sujet. Parmi les terres anciennement boisées de l’Amazonie : 70% sont désormais destinées à être des pâturages.

            Certes, ce ne sont que des chiffres, des données statistiques qui, comparées à d’autres secteurs polluants, ne sont peut-être pas très impressionnantes. Mais le GIEC conclut tout de même son rapport en insistant sur les mérites d’une alimentation universelle moins consommatrice de viande. En résumé, nous pourrions citer Debra Roberts, coprésidente d’un groupe de travail de l’organisation : « Les régimes alimentaires équilibrés riches en aliments d’origine végétale tels que les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et les légumes, et les aliments d’origine animale produits de façon durable dans des systèmes à faibles émissions de gaz à effet de serre offrent de bonnes possibilités d’adaptation aux changements climatiques et de limitation de ces changements ». Pardonne-moi, lecteur, pour cette citation un peu longue. Elle me semblait plus adéquate que mes propres mots pour résumer la situation.

           Ainsi, le végétarisme pourrait, à moindre échelle, aider à réduire notre empreinte carbone individuelle. Mais cela n’est qu’une affirmation générale : cela ne signifie pas nécessairement que nous avons à complètement abandonner la viande, les produits laitiers, le poisson. Les possibilités sont presque infinies au pays de la consommation animale moindre. Et nous pouvons choisir celle pour laquelle nous avons la plus grande appétence.
Vous pouvez être végétarien, et vous contenter de ne plus manger de protéines animales, mais continuer à apprécier les produits laitiers, ou encore les œufs. Vous pouvez être végétalien, et supprimer de votre alimentation tout ce qui a un lien avec l’animal, y compris les œufs, le fromage, ou encore le lait. Si l’envie vous prend, peut-être que vous pencherez même vers le fruitarisme : seuls les fruits des arbres en bonne santé composeront votre régime alimentaire.
Finalement, deux autres possibilités restent. Le véganisme, perçu comme absolu par de nombreuses personnes tandis qu’il bannit tous les produits issus des animaux, y compris en dehors de l’alimentation. Et, si, comme moi, vous adorez la raclette, la côte de bœuf et les tartares, peut-être est-ce un autre régime encore qui vous parlera. Le flexitarisme. Recommandé par le GIEC, il s’agit de limiter sa consommation de viande, sans totalement l’effacer.

            Ce qui est certain, c’est que si nous continuons à tourner la tête, en faisant l’autruche devant les enjeux environnementaux qui nous assaillent de toutes parts, nous n’aurons plus la possibilité d’apprécier le monde qui nous entoure. Tout simplement parce qu’il ne sera plus le même. Ce que nous faisons, chacun d’entre nous, ne mènera pas individuellement à sauver la planète. Le végétarisme, le véganisme ou le végétalisme ne peuvent pas sauver et refaire le monde. Mais, passer d’un régime carné à un régime végétarien permet de faire baisser de 10% notre empreinte carbone. Si nous faisons tous des efforts pour réduire notre consommation animale, sans forcément devenir absolument végétarien, nous aurons le pouvoir d’aider à limiter l’impact négatif qu’a notre alimentation sur la planète.

            C’est peut-être utopique. Mais ensemble, nous pourrions éventuellement changer les choses. Et puis, cela nous donnerait une excellente excuse pour bien manger : quoi de mieux, pour des étudiants, qu’un croque-monsieur au pesto et au chèvre ? Prenez deux tranches de pain, étalez du pesto vert sur les tranches. Ajoutez du chèvre et des rondelles de courgettes. Trempez les deux tranches de pain, du côté extérieur, dans du lait. Puis, faites cuire à la poêle, retournez le tout, et dégustez ! Si ce n’est pas aussi délicieux qu’une croziflette, cela n’en reste pas moins incroyable. Et le plus ? Manger moins de viande, cela est très bénéfique pour nos économies estudiantines…

Sources :

https://www.vegetarisme.fr/pourquoi-etre-vegetarien/environnement/

N

https://www.greenpeace.fr/quelle-est-la-position-de-greenpeace-sur-le-vegetarisme/

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/vegan-mais-pas-que-nouvelle-etude-sur-les-meilleurs-regimes-pour-le-climat_137345

http://www.la-boucherie-vegetarienne.com/content/7-pourquoi

https://www.vegetarisme.fr/pourquoi-etre-vegetarien/environnement/

https://www.carbone4.com/wp-content/uploads/2019/06/Publication-Carbone-4-Faire-sa-part-pouvoir-responsabilite-climat.pdf

http://www.fao.org/ag/fr/magazine/0612sp1.htm

https://www.consoglobe.com/wp-content/uploads/2020/09/menusvege.pdf

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/560238/rapport-du-giec

https://www.ecobiomania.com/fr/végétarisme-végétalisme-véganisme/


Cet article a été écrit par Raphaëlle Jouglard, membre de Streams.

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