« Tu l’avais bien cherché »

Été 2013. Parce que ces histoires ne concernent pas toujours que les étudiants de ces grandes écoles de commerce si décriées dont la vie semble souvent se résumer à une succession de soirées plus ou moins alcoolisés, plutôt plus que moins d’ailleurs.

Au début je ne savais pas comment aborder le sujet. Et puis malheureusement, comme je me suis rendue compte que je ne pourrais probablement jamais me débarrasser des souvenirs sordides de cette nuit-là, j’ai fini par poser des mots dessus :

« Viol »

« Je ne voulais pas »

« J’ai dit non »

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Leaders de demain, vraiment ?

Jour de la rentrée pour les premières années. Succession de discours par une pléthore de professeurs émérites et de brillants PDG. Un seul mot d’ordre : vous êtes l’élite et les leaders de demain.
Après deux années de classes préparatoires durant lesquelles son estime de soi a souvent été malmenée, l’étudiant savoure cette douce mélodie. L’avenir lui appartient, tout est désormais possible, le monde est à ses pieds.

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HeForShe – L’action étudiante au cœur du changement

“Aujourd’hui nous lançons une campagne nommée HeForShe. […]. Nous voulons mettre fin à l’inégalité de genre, et pour cela la participation de tous est indispensable. […] Nous souhaitons mobiliser autant d’hommes que possible afin qu’ils militent pour l’égalité des sexes. Mais au-delà du discours, nous voulons obtenir des résultats tangibles.” Par ces mots Emma Watson, ambassadrice d’UN Women, initie en 2014 la campagne HeForShe dans le cadre d’un discours au siège des Nations Unies. Année après année le pari est tenu et c’est maintenant plus d’un milliard d’actions engagées dans le monde qui viennent soutenir le mouvement. Par actions entendons des campagnes de sensibilisation, l’organisation d’événements soutenant l’égalité des sexes ou encore l’instauration de simples débats. Quel est le lien entre une campagne mondiale et ce que nous pouvons vivre en études supérieures me direz-vous ? Il semblerait que ce mouvement en inspire plus d’un.e, avec pour même point de départ le constat irrévocable de l’omniprésence du sexisme.

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Moi. Ivre. Survivre.

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 16/01/2018

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Et puis, au détour d’un dîner, des pizzas entre amies, rien de plus banal vraiment, on en parle. Discrètement, ce sujet fait sa place à table, tel un matou qui sort de l’ombre, la démarche lascive, et vient se lover sur le canapé l’air de rien. Les langues se délient, cela fait désormais trop longtemps que l’on a enterré le secret dans l’abîme de sa mémoire. Le monstre est devenu docile mais parfois, lorsque certains mots le réveillent au loin, ce n’est que souffrance et tourment qu’il propage dans le cœur. Il rugît, il veut revoir la lumière du jour. Mais pour quel accueil ?

Les mots, quels mots ? Tout part d’un nom et, par association, on prononce les mots « viol », « consentement » et « alcool », noyés parmi d’autres noms communs bien autrement communs à notre langage de tous les jours. « Alcool », me direz-vous, n’a rien d’un mot étranger. Prononcé au moins hebdomadairement, lu d’autant plus régulièrement sous sa forme anglaise dans les memes que nous consommons chaque jour frénétiquement, il ne nous affecte désormais guère en tant que simple mot.

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Le lynchage des réseaux sociaux : balancer ou vouer aux gémonies ?

Par Ange Santoni

Le like n’est ni l’épée de Damoclès, encore moins celle du Roi Salomon. Rangez votre arme au fourreau.

Emily Ratajkowski sommée de présenter ses excuses pour avoir fait l’apologie de la beauté de la chevelure féminine. Griezmann taxé de raciste pour avoir célébré le Meadowlark Lemon des Harlem Globetrotters. Tariq Ramadan (enfin) désavoué pour ne plus représenter cette figure de l’Islam modéré qu’on avait voulu voir en lui – n’est pas petit-fils du fondateur des Frères Musulmans qui veut. A l’inverse, la pacifique et rayonnante Mennel victime du combat au rabais contre l’islamisme alors qu’elle chante une Palestine « terre du Salaam et de Yom Kippour ». Après les procès de Moscou, les autodafés nazis ou encore les tontes de la Libération, place à la justice de spectacle des réseaux sociaux.

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Compte-rendu de conférence Tribunes: le Général Castres

Par Paul De Korvin

C’est « un honneur » pour Tribunes d’accueillir au sein de l’ESCP le Général cinq étoiles Castres, Saint-Cyrien aux états de services impressionnants, autrefois Marsouin émérite et aujourd’hui conseiller de l’Élysée.

Le Général, pour qui un chef doit être « une éponge à incertitudes » à la clarté sans failles, livre systématiquement des exposés à la structure impeccable – à commencer par celui des forces de l’armée française.   « Quatre maillons » les caractérisent : une armée polyvalente à haut niveau technologique capable d’intervenir là où aucune autre ne pourrait la suivre, une « culture expéditionnaire » qui nous offre une capacité d’initiative rare, une « maîtrise de la force employée » – dont nous reparleront plus tard, et une plus grande facilité à aller au contact des populations. Ce sont les reliquats de notre histoire et de nos « habitudes » militaires.

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Quand la morale s’immisce en politique

Par Julie Deshayes

Tous se sont attirés les foudres de l’opinion publique. Nicolas Sarkozy fustigé suite à l’affaire Bygmalion impliquant de fausses factures réalisées par l’UMP, François Fillon critiqué face à l’emploi de son épouse comme assistante parlementaire, Richard Ferrand contraint à démissionner pour avoir profité d’un montage immobilier ou encore Edouard Philippe raillé pour l’utilisation d’un vol privé à un prix démesuré. Nombreuses sont les affaires morales qui se sont récemment immiscées dans la sphère politique, faisant hurler au scandale les médias et commérer les Français. Alors que Machiavel séparait les sphères politiques et morales en estimant que l’homme de pouvoir ne doit pas nécessairement posséder la vertu mais seulement feindre de l’avoir afin de trouver sa légitimité auprès du peuple, nous avons emprunté le chemin opposé en fusionnant ces deux éléments au point d’institutionnaliser l’exemplarité et l’éthique des hommes de pouvoir dans une loi de moralisation de la vie publique.

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Sale histoire

Par Alix Letalenet

Qui n’a jamais entendu parler de la Belle au Bois dormant, cette princesse aussi belle qu’impersonnelle, stéréotypée au possible mais dont les boucles blondes, les dons de « beauté et d’intelligence » ont ravi des générations de petits et de grands ? L’histoire, qui plane dans un univers manichéen fait de cueillettes de fleurs et de murailles de ronces, avait tout, à l’époque, pour indiquer sans ambiguité aux enfants que nous étions les chemins du Bien et du Mal. Remercions monsieur Walt Disney qui, sans le savoir peut-être, a largement contribué à notre passage de l’enfance à une adolescence, voire à un âge adulte « en bonne et due forme ». À une époque où l’identité se trouve confrontée à une redéfinition sans précédent, la non-identité de la charmante princesse (toujours perçue au travers d’attributs extérieurs tels que la beauté, la voix, la jeunesse) était peut-être une dernière et douce illusion de simplicité (de simplisme ?), avant la douloureuse déconstruction de nos idéaux sur l’amour, sur l’amitié, sur la marche du monde en général. Car les parents ne s’aiment pas toujours, et les bougies n’arrêtent pas les Méchants.

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