C’est à moi que tu parles ?

        «Veux-tu mieux parler ? On est pas chez les sauvages !» «Soigne ton langage Louis-Ferdinand» «Mais qui t’as appris à parler comme ça ? Ce ne sont pas là les manières d’un jeune homme» mais aussi «Sah quel plaisir», «Accroche Fafu», «Viens piécer au fond du Q» (ndlr Le Quatter, alias Q est le bar de l’ESCP, piécer est un jeu, si jamais cet article est lu par d’autres)…ici s’enchainent autant de phrases qui montrent que la parole répond à un besoin social de s’adapter à des situations, des personnes, des communautés comme des milieux sociaux. La parole est notre première arme, l’épée qui séduit avant de violenter. Aujourd’hui, il faut être maître des bons mots. Voyons pourquoi.

 

      Savoir parler, qu’est-ce que c’est ? Savoir parler ce nest pas être capable de former une phrase, ça…cest savoir dire. Aujourdhui, l’éloquence se démocratise, la parole publique se généralise, le grand oral au lycée s’essaie à faire ruisseler partout ce qui ne fut longtemps que lapanage de l’élite. Savoir trouver le mot juste, au-delà de la compétence, relève de l’attitude. Si plutôt que d’expliquer vous vous exprimiez, soyez-en sûrs, le monde vous écouterait. Savoir parler c’est autant dire que se taire, jouer de son regard que simplement se mouvoir. Avant tout, être éloquent c’est savoir arbitrer entre prendre la parole et la laisser de temps en temps. Celui qui parle, c’est celui qui sait tout autant réfléchir, démontrer et persuader, que comprendre ou expliquer. En quelques mots l’éloquent est celui qui tient le compas pour tracer le chemin qui guide ses idées vers la pensée du prochain.

 

      La maîtrise de la parole est néanmoins encore trop communautaire. S’il ne fait pas de doute qu’en plus de naître avec une cuillère en argent dans la bouche, ceux-ci maîtrisent souvent le verbe une fois qu’on la leur a retiré pour les laisser s’exprimer. Mais contrairement à ce que l’on entend communément, je pense que savoir parler ce n’est pas simplement maîtriser le langage du pouvoir. On maîtrise tous, facilement, le langage de notre cercle de fréquentations. Vous ne vous exprimerez certainement pas de la même manière au milieu d’un Aubé qu’avec vos parents. Sur le même schéma, on remarque facilement que nos plus proches amis reprennent nos manières de nous exprimer comme on reproduit inconsciemment les leurs. Or justement maîtriser la parole relève de la capacité de s’imprégner des codes du langage pour en faire un outil que l’on met à notre service. Celui qui sait réellement parler sait écrire un discours de salon comme il sait transmettre et échanger des idées avec des jeunes de milieux défavorisés. Maîtriser la parole c’est être sur le ton qui ne détonne pas dans l’environnement de notre interlocuteur.

 

      Aussi, la maîtrise de la parole est dans son utilité première, un grand outil de communication. Elle aide à deux choses fondamentales : guider les autres et se guider soi-même. D’abord, trouver le bon mot c’est asseoir son leadership. Celui qui sait adapter les mots aux interlocuteurs provoque plus facilement leur adhésion. L’art de la négociation réside avant tout dans le choix des mots, nos armes avant la guerre. Enfin et surtout, la parole permet le développement de chacun de nous. Celui qui sait parler sait mettre les mots sur ce qu’il est et ce qu’il pense mais, comme le sport, elle donne confiance en celui qui se sait maître de ce qu’il exprime. Or ainsi naît notre sentiment de légitimité qui nous permet d’apprendre à oser.

 

      « On ne naît pas orateur, on le devient » Ce n’est pas pour rien que cette devise est celle de la Fédération Francophone de débat. Cette dernière nous apprend deux choses. D’abord, les classes privilégiées trouvent spontanément dans leur éducation, les outils de l’adaptation. Dans cette situation, il faut développer cette aisance que l’on fait passer pour innée et si le cœur vous en dit, partager là. Beaucoup d’organisme permettent de donner des cours de prise de parole dans des lycées défavorisés ou encore d’aider à la réintégration des prisonniers par l’éloquence. Ensuite, cette devise nous montre que n’importe qui, avec de l’entraînement et de la volonté, peut apprendre à manier l’épée qu’est notre langue pour qu’elle serve ses pensées.

 

Pourquoi aimons-nous autant les méchants ?

 

C’est après avoir vu le Joker, après avoir suivi assidûment Game of Thrones que nous pouvons nous rendre compte à quel point les « méchants » sont appréciés du grand public et leurs actions parfois légitimées. Comment alors expliquer l’affection que nous ressentons malgré nous pour ces personnages, que selon toute logique nous ne pouvons pas aimer ?

Tout d’abord, cela peut s’expliquer par le simple fait que nous les comprenons. Ces personnages sont avant tout humains et c’est par cette humanité que nous sommes en capacité de les comprendre, de nous identifier et même d’expliquer de façon rationnelle leurs actes violents. Dans le cas du Joker, c’est la folie d’Arthur Fleck qui explique ses actions, folie qui a été d’autant plus renforcée par les moqueries et l’intolérance qu’Arthur subit au quotidien. Alors, on lui pardonne (presque) d’utiliser la violence pour faire entendre sa voix, qui est également la voix de tout le peuple opprimé de Gotham City, Arthur devenant à partir de ce moment-là un véritable héros pour eux. La part d’humanité qui demeure dans ces « vilains » et que les réalisateurs /auteurs prennent soin de conserver nous touche alors à la fois dans notre sensibilité mais aussi dans notre rationalité : nous trouvons la plupart du temps des raisons rationnelles aux actions des autres, même lorsque ces actions sont mauvaises.  Comment alors faire la distinction entre Bien et Mal, si le mal est causé par des raisons purement humaines que nous comprenons et que nous rationalisons ?

Les vilains sont donc l’expression fictive de certains de nos désirs refoulés, désirs impossibles à mettre en oeuvre dans la société, sous peine de la détruire.

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Pourquoi passons-nous autant de temps sur Facebook ?

9h05.
La tête encore embrumée de ta soirée de la veille, tu arrives avec un retard plus qu’acceptable dans ta salle de classe : la preuve, tu n’es même pas le dernier. Au fond de la classe, tu repères rapidement une place libre que tu te dépêches de rejoindre. A peine assis que tu sors déjà ton ordi : après tout, prendre des notes sur papier, c’est dépassé.

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Des étiquettes dans nos assiettes

A l’heure où les consciences s’éveillent et où les préoccupations sont à l’avenir de notre planète, les spécialistes semblent s’accorder sur un point : nous ne pouvons continuer à consommer comme nous le faisons à l’heure actuelle. Des années de culture intensive et de productivisme agricole ont aussi bien appauvri la terre et ses exploitants que notre assiette.

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Et si vous partiez en Ouzbékistan…

Si vous deviez partir en voyage cet été, quelle destination choisiriez-vous ? Vous répondrez sûrement à cette question en citant le nom d’un pays d’Amérique latine, d’une région des Etats-Unis ou encore d’une île paradisiaque de l’Océan Indien. Mais, peu d’entre vous (si ce n’est aucun), ne mentionneront le nom de ce pays oublié d’Asie centrale qu’est l’Ouzbékistan. Je vais donc plaider la cause de cet Etat, trop peu connu, en vous donnant sept raisons de passer vos prochaines vacances en Ouzbékistan :

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Le mystère de l’astrologie

« Dîtes-moi comment je vais et comment va la France ? », c’est par cette question que François Mitterrand accueillait son astrologue à l’Élysée. Même les grands de ce monde croient aux pouvoirs des astres. Mais les signes du zodiaque sont-ils vraiment révélateurs de notre personnalité ? Que tu fasses partie des férus d’astrologie qui lisent leur horoscope tous les jours ou des scientifiques dénonçant ce mysticisme, tu trouveras la réponse à tes questions.

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Enquête sur le sandwich parisien

Mardi 5 juin 2018, XIème arrondissement de Paris. Nombreux sont les fins gourmets à faire la queue afin d’acquérir les tout premiers sandwichs de la ville, au grand dam de notre actuelle Ministre de la Santé résolument loin d’être fan de ce genre de mets. Les premiers dites-vous ? Tout amateur de sandwichs sait bien qu’il n’en est rien, si bien qu’un modeste guide issu d’expériences diverses et variées semble s’imposer afin de sensibiliser les néophytes fraîchement débarqués dans la capitale.

En cas de petit creux s’offrent à vous deux possibilités : s’aventurer dans les plus beaux coins de la ville et de ses alentours, ou pour les plus flemmards recevoir une livraison directement chez soi. Attardons-nous un instant sur la première option, retenue par les plus courageux d’entre nous. D’aucuns me répondront qu’il ne s’agit pas de courage mais simplement d’une admiration pour l’architecture des gares du nord de la ville ou des magnifiques tours des villes voisines aux confins des lignes de métro, notamment de la ligne 3. Si vous optez pour ce voyage, veillez à ne pas vous prénommer Jean-Philibert, ni être fan d’Eddy de Pretto, ni dans le cas contraire à ressembler à une personne combinant ces deux caractéristiques au risque de revenir à poil de votre odyssée, la baguette entre les jambes à défaut de sandwich.

La deuxième option est la plus fréquemment choisie, du moins pour les glandeurs comme vous et moi. Cette aventure commence par réussir à dénicher un numéro qui vous permettra d’entrer en contact avec un boulanger des alentours. Comment l’ob    tenir ? Baladez-vous sur les quais ou canaux de la ville et attendez d’être approché par des apprentis boulangers, généralement assez facilement reconnaissables. Ou tournez-vous vers vos amis déjà initiés à la quête de sandwichs dans la capitale. Deuxième étape : le premier contact. Vous n’avez en aucun cas besoin de travailler la formulation du message puisque vous n’obtiendrez en réponse qu’un simple « Adresse stp ». Dès lors s’entame une attente qui peut parfois s’avérer longue, très longue, très très longue (un record de 4h30 pour ma part). En effet, les boulangers, forts de leur formation technique, délaissent généralement la partie logistique de leur activité, à tort. Il n’est pas rare de devoir attendre plusieurs heures, rythmées par vos relances et les réponses du boulanger à la tête du réseau, au français bien léché. Les boulangers semblent apprécier nous mener à la baguette et sont très inventifs lorsqu’il s’agit de trouver des excuses. Le fameux « j’ai un imprévu » annonce souvent le pire. Voici quelques exemples, preuves de leur ingéniosité, dont vous pourrez allégrement vous inspirer pour faire patienter votre pote qui vous attend déjà depuis 30 minutes à la scep.

 

 

Votre livreur utilise un panel de moyens de transport assez large : la voiture pour les mieux organisés, le métro pour les amoureux des bains de foule, le bus pour les nostalgiques du collège, ou encore le train (« Désolé c’était la merde à cause de la grève » s’exclama d’ailleurs un livreur en fin d’année dernière lorsqu’il arriva enfin à mon adresse). A présent penchons-nous sur le profil du livreur. Peu importe le quartier dans lequel vous vivez, vous le reconnaîtrez généralement assez vite. Par ailleurs, vous pourrez être témoin du non-respect d’un des principes fondamentaux de l’Organisation Internationale du Travail dans la mesure où votre livreur est susceptible d’avoir le même âge que votre petit frère alors en classe de 4ème. Mais bon, vous vous en battez les couilles parce que vous avez la dalle, que vous êtes un gros enculé ou que vous estimez que Macron a raison lorsqu’il insiste sur la nécessité d’une refonte de la filière apprentissage en France.

Dans le cas où vous seriez mécontents de la qualité ou de la taille du sandwich, résignez-vous, vous n’avez aucun recours. Vous pourrez toujours tenter de gratter sournoisement quelques graines de sésame à votre livreur, mais vous comprendrez vite que vous feriez mieux d’aller vous faire foutre car selon lui : « Vous êtes tous pareils, nous on vous demande d’être compréhensifs ». Il a raison. Allez habiter en province ou attendez Madrid. En revanche, il faut savoir que si la logistique n’est pas la tasse de thé des boulangers, ils excellent dans le marketing. Une fois votre transaction effectuée, vous serez en effet pris en charge par le service client de votre boulanger qui cherchera à vous fidéliser à l’aide de relances toujours plus innovantes qui n’ont rien à envier aux services marketing des plus grandes sociétés, et qui ne manqueront pas de vous faire sourire.

 

 

Ainsi s’achève cette enquête sur le sandwich parisien. Elle ne cherche en aucun cas à le promouvoir ni à inciter à sa consommation. Pour votre santé mangez 5 fruits et légumes par jour et évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé.

Bonus :

L’ESCP au XIXe siècle : Vie sur le campus et associations (3)

PARTIE 3 : LA VIE SUR LE CAMPUS : BATIMENTS, ASSOCIATIONS ET VIE PARISIENNE

Les associations: La toute première, l’Association Amicale des Anciens Elèves, fut créée en 1872. Voici à quoi ressemblaient les premiers présidents. En somme, plus de pilosité faciale, de testostérone et de nœuds papillons qu’aujourd’hui.

Le rôle de l’association était de publier un Annuaire, d’organiser un banquet annuel et de rédiger un Bulletin trimestriel dans lequel étaient exposées les décisions du bureau, les communications d’intérêt général, ainsi que les offres et demandes d’emplois. C’était donc l’ancêtre de… l’Intranet. Ils publiaient aussi des rapports sur les Expositions universelles.

Déjà à l’époque, les associations était au centre de la vie sociale des étudiants : « Autour d’une petite table, une réunion de quelques amis, où l’on parlait du présent et surtout du passé, de l’Ecole, de l’enseignement, des intérêts de notre Association […] Nous formions une grande famille »

Puis, l’Association Amicale des Anciens Elèves décida de monter une sous-association, sous le nom de Conférence Adolphe Blanqui, qui serait chargée d’organiser des conférences économiques. L’embryon de Tribunes était né. Leur ambition était de « Créer un centre où les jeunes gens sortant des écoles commerciales pourraient s’exercer à la parole, où les hommes faits pourraient discuter les questions tenant à leurs intérêts ou à leurs travaux, où tous pourraient développer les idées qu’ils croiraient bonnes et utiles ». Cependant, toute discussion d’un caractère politique ou religieux était formellement interdite. Voici quelques exemples de conférences qui eurent effectivement lieu :

En février avait lieu ce qui pourrait s’apparenter à nos weekends de « passation » :

« un punch est offert annuellement par les anciens aux nouveaux. La connaissance s’y fait plus intime, on y scelle en quelque sorte une union indélébile, et la réunion se clôture généralement par un speech bien senti du président des anciens ».

La vie dans le quartier de l’Ecole :

« Il alla s’installer à la terrasse d’un grand café. C’était l’heure de l’apéritif et les buveurs, envahissant les tables, semblaient venus là pour assister à la migration de tout un peuple. Sur les trottoirs, une foule noire et compacte s’agitait ».

Ce témoignage aurait pu tout aussi bien être celui d’un étudiant deux siècles plus tard.

 

La nourriture à l’Ecole : L’auteur se souvient :

« Dans la cour des élèves, la baraque de la marchande de gâteaux évoqua la puérilité du temps où ils se croyaient des hommes. Les paris venaient se trancher là : on payait d’un gâteau, d’une groseille ou d’un cassis le tort qu’on avait eu à propos d’un problème. On s’offrait, pour satisfaire d’insatiables appétits, les petits croissants chauds dans lesquels on piquait deux tablettes de chocolat ».

On apprend aussi que les élèves disposaient déjà d’un stand grillade ! : « Dans la cuisine, voyez, il y a un appareil pour faire les viandes grillées ».

 

 

La cour intérieure : La cour comportait une fontaine, et les jeunes gens s’y retrouvaient souvent pour fumer bien que cela était interdit.

« Je pense souvent à nos fumeries à l’Ecole. Te souviens-tu comme on se cachait dans l’encoignure du préau ? […] Le nuage de fumée qui planait sur nous nous trahissait assez ».

 

Clôturons ce voyage dans le passé par ces quelques mots de l’auteur :

« Ici, c’était un palais dont les hôtes étaient traités comme des princes […] Qu’on les gâte, pourvu qu’ils travaillent ! Cela les rendra exigeants, ils voudront devenir millionnaires… Quand on veut, on peut : ils seront les princes du commerce et de l’industrie »

Macroniste avant l’heure.

L’ESCP au XIXe siècle : Contexte politique, projets de groupe et intégration (2)

PARTIE 2 : CONTEXTE POLITIQUE, PROJETS DE GROUPE ET INTEGRATION 

Le directeur de l’Ecole : Le Franck Bournois de l’époque s’appelait Adolphe Blanqui et était professeur d’économie politique et d’histoire du commerce à l’Ecole, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, mais aussi député. Si l’on avait publié dans le journal de l’époque « Le même portrait d’Adolphe Blanqui tous les jours », voici quelques extraits que l’on aurait pu retrouver:

 

LE MEME PORTRAIT D’ADOLPHE BLANQUI TOUS LES JOURS

Le contexte politique : En juillet 1869, lorsque la France déclare la guerre contre la Prusse, les élèves français sont appelés sous les drapeaux et l’Ecole est abandonnée. Les membres de la Chambre de Commerce transforment les bâtiments de l’Ecole en ambulance et y installent des dortoirs à disposition des hôpitaux militaires. De nombreux blessés ou malades militaires y trouvent alors asile.

Si aujourd’hui l’infirmière a pour principale occupation de faire passer des examens médicaux obligatoires à de jeunes étudiants après les avoir harcelés par email pour les interroger sur le nombre de pintes de bière qu’ils consomment par semaine –par jour ?- le médecin de l’époque venait, lui, visiter et panser les malades de la guerre.

Lorsque la Commune de Paris est proclamée en 1870, le quartier devient le théâtre d’un combat des plus meurtriers. Les élèves présents à l’Ecole passèrent à l’abri cinq jours dans les caves pendant que les obus et les balles passaient au-dessus de l’Ecole, éclataient dans la cour et traversaient les dortoirs. La capitale était en pleine guerre civile.

Le parallèle avec le contexte actuel à Paris est facile à établir, et des plus pertinents. La grève des cheminots de la SNCF fut évidemment l’équivalent de la guerre franco-prussienne, quant au blocage des facultés par les détracteurs de la Sélection à l’université, il n’est que la continuité logique de la Commune de Paris.

 Les projets de groupe : Chaque jeudi, les étudiants en troisième année réalisaient une promenade industrielle, durant laquelle ils visitaient les manufactures et les usines les plus importantes de Paris et de ses environs. Ils devaient ensuite rédiger des rapports sur « le prix d’achat des matières premières, le prix de revient et de vente des produits manufacturés, et la part affectée aux frais généraux ». De plus, la Chambre de Commerce accordait une bourse de voyage de 1 000 francs à celui des élèves qui rédigerait le meilleur rapport sur les usines visitées dans l’année. En somme, une sorte d’alliage entre un projet de Coûts et Décisions, Projet OPEN et Projet de Marketing, à la seule différence qu’au lieu de gagner une bourse de voyage pour découvrir le monde on offre aujourd’hui un appareil à raclette en Tefal à revêtement antiadhésif dernière génération thermostat réglable puissance 1100 Watts plaque amovible avec douze poêlons fournis garantis douze mois sous réserve des places disponibles l’alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération les produits laitiers sont nos amis pour la vie fumer tue celui qui conduit c’est celui qui ne boit pas. Le rapport était envoyé à la bibliothèque de la Banque de France et faisait le plus grand honneur à l’enseignement de l’Ecole.

L’équivalent du Séminaire Moderne Qualitatif et Ambitieux : Les étudiants visitaient une fois dans l’année une mine de charbon. Ils quittaient la ville dès quatre heures du matin et, après avoir parcouru à travers champs sept à huit kilomètres, arrivaient à Mons. Les élèves devaient revêtir le costume du mineur et descendaient, une lampe de sûreté à la main, serrés et allongés dans les bannes, à 520 mètres au-dessous du sol. Ils y restaient huit heures. L’expérience était, sans aucun doute, moderne, qualitative et ambitieuse.

Les métiers les plus représentés chez les Alumni : En s’intéressant aux statistiques compilées dans l’ouvrage, on constate qu’à la sortie de l’Ecole, les métiers les plus pratiqués étaient ceux de Banquier, Distillateur, Négociant en grains et farines, Propriétaire et rentiers, et Négociant en laines.