L’ère des séries, du streaming et du binge-watching

Par Alexandre Glaser

« Le Journal » du CNRS consacre toute une section à l’étude scientifique et sociologique des séries TV[1]. Le phénomène est largement admis comme pratique sociale : personne ne conteste l’essor généralisé des séries. Son impact est transgénérationnel et outrepasse aisément les frontières sociales (Obama avait admis être fan de House of Cards). Pour autant, le mode de consommation de la série mérite que l’on s’y intéresse : il ne va pas de soi. L’on ne regarde pas une série dans la même disposition et avec les mêmes attentes qu’un film : celui-ci, tout en étant par essence reproductible, ne l’est pas sur le même mode qu’une série. Celle-ci modifie tout à la fois notre rapport au temps artistique, notre attente esthétique et dans son ensemble le paysage culturel. S’interroger dès lors sur le sens de ce nouvel ordre de la production cinématographique c’est au fond se demander si, dans notre quotidienneté de spectateur, notre rapport aux images, sous l’influence des séries, a changé, s’il a pour ainsi dire supplanté un mode outdated de consommation des représentations visuelles ou si au contraire il s’est adjoint à lui, proposant non de le remplacer mais de s’y superposer.

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« Scientia potestas est »

Par Alexandre Glaser

Les Meditationes Sacrae de Bacon (1597) ont consacré la formule : « scientia potestas est » . Si Bacon entendait par là que la connaissance est en elle-même source de pouvoir au niveau individuel en tant qu’elle rend possible l’amélioration de soi, la formule a pris avec le temps un sens nouveau, alors que l’on reconnut progressivement qu’au niveau collectif plus l’on sait plus notre champ d’action est vaste. Ainsi comprend-t-on aisément combien dans la sphère politique l’information (sur les électeurs, sur les concurrents, sur le contexte socio-économique ) opère comme une clef de voûte : en manquer c’est condamner tout espoir de carrière politique, de campagne électorale fructueuse et à terme d’avenir politique. La conférence Tribunes, une fois n’est pas coutume, a abordé l’une des thématiques les plus centrales constituant le nouveau paysage politique, économique et social.

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Noël, c’est le 24 ou le 25 ?

Par Alexandre Glaser

Si Noel est une fête bien réjouissante à célébrer en famille ou avec des amis selon sa convenance et ses traditions, c’est aussi un de ces rares moments qui ont la capacité de susciter la plus profonde question et celle-ci toute insoluble qu’elle est se résume à cela : quand doit-on fêter Noel ? Il y a naturellement deux écoles, comme toujours. Celle du 25 au matin et celle du 24 au soir.

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