Syrie : la guerre d’après

Par Pauline Deydier

Alors que la guerre en Syrie bat son plein, Tribunes recevait il y a deux semaines Nicolas Henin, journaliste et spécialiste du Moyen-Orient, auteur de Jihad Academy : Nos erreurs face à l’État islamique*. Une fois n’est pas coutume, l’amphi Gélis a rassemblé plus de têtes blondes qu’il n’y avait de sièges. Et lorsqu’entra le tant attendu grand reporter, silence plateau. Car nous ne venions pas écouter un énième discours d’expert à propos du terrorisme, mais le témoignage critique d’un ex-otage des forces de Daesh.

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« Scientia potestas est »

Par Alexandre Glaser

Les Meditationes Sacrae de Bacon (1597) ont consacré la formule : « scientia potestas est » . Si Bacon entendait par là que la connaissance est en elle-même source de pouvoir au niveau individuel en tant qu’elle rend possible l’amélioration de soi, la formule a pris avec le temps un sens nouveau, alors que l’on reconnut progressivement qu’au niveau collectif plus l’on sait plus notre champ d’action est vaste. Ainsi comprend-t-on aisément combien dans la sphère politique l’information (sur les électeurs, sur les concurrents, sur le contexte socio-économique ) opère comme une clef de voûte : en manquer c’est condamner tout espoir de carrière politique, de campagne électorale fructueuse et à terme d’avenir politique. La conférence Tribunes, une fois n’est pas coutume, a abordé l’une des thématiques les plus centrales constituant le nouveau paysage politique, économique et social.

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Guerre et (ESC)P

Par Quentin Predignac

Le 24 novembre 1874, soit il y a 142 ans jour pour jour, un fermier du Middle West américain nommé Joseph Glidden déposait le brevet du fil de fer barbelé. Celui-ci, plus communément appelé barbelé, mot dérivé de l’anglais barbed et bramble (ronce), révolutionna l’agriculture mondiale par son faible coût et la simplicité de son processus de production.

142 ans plus tard, cet objet s’est inscrit durablement dans la culture mondiale, faisant l’objet de détournement argotique tel que « sortir les barbelés », pour qualifier la défense solide d’une équipe de rugby. Mais soyons réaliste, il est plus que probable que ces considérations historiques et culturelles n’étaient pas au cœur de la pensée de Calou, quand à la 60ème minute du match ESCP-Sciences Po, il lançait son sempiternel : « Putaiiiiiiiiiiiin ! Merdeuuuuh ! Sortez les barbelés ! ».

streeee

 

                  Ce match avait tout pour notre XV d’une double revanche : revanche contre nous même tout d’abord, peu fiers de notre prestation dernière face à l’ESTP, mais également revanche contre Sciences Po, qui nous avait volé la victoire l’année dernière sur un arbitrage des plus arbitraires (5 cartons, 10 pénalités et 3 pénaltys). La légende raconte d’ailleurs que Calou nous aurait fait venir au match la veille, 24h avant le match : « Pour réviser un peu la mouette et sentir le terrain ». Apres avoir planté la tente et s’être assuré que tout le monde savait encore faire l’unique combinaison de l’ESCP depuis l’arrivée de Calou, en 52 avant J2, c’est le regard brillant et les mâchoires serrées que nous pouvions nous diriger vers le terrain pour y écouter les discours d’encouragement des capitaines et anciens. Véritable tradition orale digne des sociétés présocratiques, ceux-ci se colorent systématiquement d’un accent du Sud Ouest, même dans la bouche d’un parisien ou d’un normand. Le rugby a ses raisons que la raison ignore.

                  Avant même le coup d’envoi, la foule d’anciens, dont le SCR est supérieur au QI (même quand le premier est négatif), faisait préchauffer la machine à gigue dans les commentaires du live Facebook assuré par le travail formidable de Lucas Halimi. Et selon le théorème dit de Baduel qui veut que chaque action génère un nombre de commentaire multiplié par la nullité de l’action de 1 à en avant de Badu sur coup d’envoi (voir annexe pour plus de détails), les commentaires furent nombreux à défaut d’être spirituels durant les 20 premières minutes du match. En effet, le XV ESCP, pourtant au dessus physiquement (les vrais sauront ce que cette affirmation a de comique en soit), concéda deux pénalités faciles sur des fautes de main dans les rucks.

                  Cependant, un renvoi agressif poussa immédiatement les gauchistes bobos de Sciences Po à la faute, pénalité que Benoit Foulon choisit judicieusement de passer, nous ramenant au score de 3-6. Cette rupture dans les traditions scépiennes ne manqua pas évidemment d’en brusquer plus d’un parmi les anciens, à commencer par Cucu (« 4 ans à l’ESCP, pas une de passé » nous déclarait il, une lueur de fierté dans le regard). Ce peu de considération évident pour tout ce qui fait de l’ESCP une équipe pittoresque devait également s’étendre aux touches, où Louis de Baynast s’estimait apparemment trop important pour honorer la tradition de pizzaiolo des lanceurs à l’instar d’Augustin Madinier. Tout se perd on vous dit.

                  Sur base d’un jeu simple, liant gros qui pètent, trois quarts qui passent et Calou qui gueule, l’ESCP inscrivit son premier essai, après une bataille un peu confuse sur les 5m adverses, creusant un écart qui fut confirmé par une nouvelle pénalité.

sreeeee

                  En seconde période, les 20 kilos de moins moyens de l’adversaire commencèrent à se faire sentir au niveau du cardio, et si Maxime Gros Cheveux Friedman inscrivit un deuxième essai, la plupart de la période se passa dans notre camp, avec un banc de plus en plus clairsemé. Et c’est bien malgré la crampe au poumon droit de Matteo, la cheville en polystyrène de Predi et les neurones morts de solitude de Paquet que les zoulous warrior tinrent bon à 10m de leur ligne pendant de longues minutes. Le match se précipita avec un essai pour chaque camp, superbe contre attaque totalement justifié de 80m terminé par Foulon de notre coté, et un petit essai mesquin et litigieux pour eux, cela va de soi. Désireux de rattraper son trop grand sérieux dans les touches, Louis de Blaynast décida donc rater ce qui aurait été l’essai sur interception de la dernière action. Que les vieux se rassurent, il est bien des nôtres. C’est donc fort d’un score de 27 à 11, et malgré quelques sueurs froides, que le XV ESCP pu entamer son premier zoulou warrior, mené par un Cheveux qui doit son stage probablement plus au piston qu’à son entretien en anglais.

Meilleur commentaire : Bravo à Charles Doscampos, pour son  « Maxime Cheveux, t’es gros et lent. ».

  Annexe : théorème dit du Baduel

                  Partant du principe que seules les actions ratées génèrent des commentaires (à l’exception rares des essais), une action génère un commentaire multiplié par le coefficient de nullité décrit ci-dessous :

  • Baudrier va serrer des mains et tape la conversation avec des anciens du stade pendant le match
  • Cheveux marche jusqu’à l’action d’après
  • Darfeuille laisse le rebond décider de qui aura le ballon au lieu de se mettre à la réception
  • Chiff glisse au moment de taper un dégagement dans nos 22
  • Matteo sort fumer un zdeh sur le bord du terrain
  • Brousse tape une saucisse à la place d’une tomate
  • Un avant tape une saucisse à la place de Brousse qui voulait faire une tomate
  • Predi se prend un cul énorme sur une tentative de plaquage mou
  • Une contre attaque de 80m se termine par une passe à l’aveugle dégueulasse
  • En avant de Badu sur coup d’envoi (marche aussi avec Barnes)

La Réac’ : Nom de la promotion 2018

Par Corentin Jaouen, Alexandre Glaser, Joris Largeron, Thomas de Réals, Tanguy Chapin et Merwane Eddahbi

Alors que l’ESCP s’apprête à faire sienne une pratique popularisée par l’ENA, c’est toute une promotion qui est conviée aux urnes. Au creux du choix, c’est l’occasion de découvrir le message qui peut bien unir plusieurs centaines d’ex-inconnus seulement rapprochés par le vécu d’une année ou de quelques mois bien particuliers. Le scrutin facebookien révèle l’hétérogénéité des positions scépiennes sur la question. Certains arpentent le chemin des valeurs et choisissent des hommes de cœur, d’autres se reconnaissent dans les pages du roman de l’école et privilégient d’anciens élèves alors que le second degré d’une référence cinématographique consensuelle remporte l’adhésion de beaucoup… Prenant l’exercice au pied de la lettre, Streams décortique sans exhaustivité mais avec ironie les propositions qui arrivent en tête.

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Sartre, le FOMO et les apéros d’asso

Par Anne-Charlotte Peltier

Avis à ceux qui ont ressenti un sentiment vertigineux face à la multitude d’événements Facebook qui ont pris possession de leur page d’accueil en ce début d’année scépien, qui ont tant bien que mal essayé de concilier les apéros des assos qui les intéressaient, les conférences en tout genre et les bières avec leurs potes restés de l’autre côté du portail sacré du 79 avenue de la République. Ce sentiment de désarroi alimenté par l’impression de toujours louper quelque chose ( du cours de ping pong à la conférence de NKM en passant par l’apéro de Tribunes) répond au doux nom de FOMO, et semble avoir été conceptualisé par l’École de philosophie américaine 2.0 qui balance ses réflexions existentielles sur Instagram ( et sur Codes de Meufs pour la version franco-française).

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Sept ans (ou presque) à coté du Tibet

Par Quentin Predignac

Cet article s’adresse à toi, jeune 1a, ou bien encore comme tu te nommes encore toi même : « premaster ». Tu viens d’intégrer l’escp, tu sors à peine de ton Wei, et voila que déjà commencent les apéros d’assos, rare institution scepienne qui ne soit pas en voie d’extinction. Tes yeux émerveillés brillent, et tu es tout entier tourné vers ton année et tes ambitions pour celle ci. Et pourtant je suis la pour te parler de ton été prochain, bien qu’il te paraisse encore bien loin: tu seras tenu d’y effectuer un stage, ou bien, en cas d’engagement dans une association humanitaire, de passer ton été à l’étranger. Assumer que cet article est cette tentative de propagande déguisée en faveur de cette deuxième option est un euphémisme, mais je m’efforcerai de le cacher de mon mieux. Voici donc pour ton plus grand plaisir, un top 10 des raisons de passer ton prochain été au Nepal :

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