L’ESCP au XIXe siècle : Immersion dans les archives de l’école (1)

1898, Paris. Le nouvel hôtel de l’Ecole est inauguré au 79 avenue de la République. A cette occasion, deux étudiants, Maurice Bouchet et Alfred Renouard, publient L’histoire de l’Ecole supérieure de commerce de Paris.

2018, Paris, cent vingt ans ont passé. Je retrouve l’ouvrage, conservé dans la Bibliothèque nationale de France.

Un fabuleux saut dans le passé commence alors ; je me surprends à plonger la tête la première dans les arcanes de la toute première école de commerce du monde. Bribes de paroles, dialogues d’étudiants, témoignages et autres dessins d’époque redonnent vie à ces personnages qui peuplent le passé de notre parisienne. Plus d’un siècle nous sépare, et pourtant, les souvenirs intimes d’anciens étudiants illustrés par des dessins de l’époque nous rappellent que, comme vous et moi, ils ont fréquenté les bancs de l’ESCP.

PARTIE 1 : ETRE ETUDIANT A L’ESCP AU XIXE SIECLE

L’accoutrement des élèves : On apprend que jusqu’en 1829, « les élèves portaient l’épée, le tricorne, l’habit bleu avec pantalon à bande blanche, et leurs mouvements s’effectuaient au son du tambour ». Cela ne doit pas paraître si étranger aux sportifs les plus aguerris ayant participé aux OJO dans le pittoresque bourg de Roubaix. Des élèves habillés de bleu et blanc, un couvre-chef aux couleurs de l’Ecole, une marche saccadée au rythme de tambours. Si de tels jeux omnisports avaient existé au XIXe siècle, l’ESCP aurait de toute évidence pu prétendre au si convoité « prix de l’ambiance », chapardé chaque année par nos frères de l’Audence et d’Ecully. Malheureusement, puisqu’aucune autre école de commerce n’existait alors -ni en France ni dans le monde- l’intérêt des OJO aurait été considérablement limité.

L’enseignement : Il était beaucoup plus scientifique qu’aujourd’hui, n’en déplaise à nos amis tout droit sortis de classes préparatoires littéraires qui ont fait le choix d’abandonner l’étude de « L’Influence du jansénisme dans la littérature post-balzacienne en Hollande-septentrionale » pour avoir l’immense privilège de participer aux rattrapages de Finance.

L’école disposait d’un laboratoire de chimie et d’un cabinet de physique très complet. Si parmi les matières étudiées on trouvait la tenue des livres, l’étude des changes et arbitrages, la correspondance commerciale, l’étude des matières premières du commerce, le droit commercial, l’histoire du commerce géographie commerciale, les langues étrangères, l’arithmétique appliquée, l’écriture, on y enseignait aussi une partie essentiellement industrielle comprenant la géométrie, la mécanique, le dessin, la physique appliquée à l’industrie, la chimie minérale et organique et la technologie. Il y avait également la possibilité de suivre des cours libres parmi lesquels un cours d’économie politique professé par Jean-Baptiste Say, grand économiste de l’époque… le Jean Marc Daniel de l’époque ?

Les épreuves finales : Lors des premières cérémonies de fin d’année, moins d’une dizaine d’élèves recevaient leur diplôme. La grande difficulté des épreuves était volontaire, les examens finaux étant corrigés par des grands spécialistes de la science et du commerce. En outre, chaque année, le premier et le second diplômé du troisième comptoir -troisième année- avaient droit à un prix d’honneur accordé par le prince Napoléon. Aujourd’hui, le seul avantage à exceller dans une matière serait sans doute d’avoir son premier choix de campus pour le premier semestre de l’année suivante. Ah non en fait, puisque l’algorithme en charge de l’affectation des campus semble avoir été réalisé par Léo, sept ans, en classe de CE1 à l’école primaire des Mimosas.

 



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