Impasses et paradoxes des politiques environnementales : L’exemple du nucléaire

Par Alexandre Glaser

La création en 1971 du « ministère chargé de la protection de la nature et de l’Environnement » marquait à bien des égards sinon la prise de conscience généralisée de la préoccupation environnementale à l’échelle du milieu politique dans son ensemble, du moins l’insertion dans le langage politique et dans le cadre institutionnel de la question écologique. Et depuis 1971, l’espace occupé par cette question n’a cessé de croître, en France et à l’international : l’UE s’est dotée d’une compétence explicite en matière de régulation environnementale par l’Acte Unique de 1986 [1] et le traité de Maastricht (1992) a consacré la politique environnementale européenne. Les différents candidats à l’élection présidentielle de cette année, tout en lui accordant il est vrai une place plus ou moins grande dans leur programme politique, ont tous reconnu l’importance essentielle de l’enjeu. Tout serait-il donc en bonne voie et la planète presque sauvée ? Vivrait-on enfin dans le monde rêvé par Thoreau et d’autres ? Les animaux sont-ils devenus nos amis pour la vie ? (#produitslaitiers)

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Médias privés, médias publics, quels enjeux ? (2)

Deuxième volet d’une série d’articles consacrés à la crise des médias. Par Pauline Deydier.

« La culture n’est qu’une longue interrogation, les médias ont une réponse rapide à tout ; la culture est la gardienne de la mémoire, les médias sont les chasseurs de l’actualité. »

C’est en ces termes que s’exprimait Milan Kundera en février 1984, à l’occasion d’un entretien avec le journaliste Antoine de Gaudemar. Il est frappant de trouver chez le romancier tchèque, comme chez tant d’autres hommes de lettres, une telle opposition entre la culture, temple de la réflexion, et l’information, nécessairement fuyante. On retrouve les craintes de l’auteur de La lenteur : à l’ère de l’accélération des échanges, comment retrouver ce temps de la méditation ? L’information est partout : sur les vitrines, sur nos écrans, elle défile, clignote, disparaît, évolue. On fait dans le sensationnel, au double-sens du terme. Le temps de l’étude a laissé place au culte de l’instant. Il suffit pour s’en convaincre d’allumer BFM TV ou W9 : il est loin le temps où l’on pouvait parler littérature autour de Bernard Pivot, à une heure de grande antenne…

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Médias privés, médias publics, quels enjeux ? (1)

Premier volet d’une série d’articles consacrés à la crise des médias. Par Pauline Deydier.

Le 3 mars dernier, le célébrissime Grand Journal de Canal+ présentait sa toute dernière émission. Au même moment, sur France 2, l’émission AcTualiTy tirait elle aussi sa révérence. Deux programmes pensés comme des petits OVNIs du paysage audiovisuel français, dont le projet se heurtait depuis plusieurs mois à une baisse d’audience régulière. Si cet arrêt – prévisible – fait montre de la difficulté de l’infotainment à s’imposer à un public large, il interroge aussi, plus globalement, l’état de l’offre médiatique française aujourd’hui. À l’ère de la numérisation et de la surcharge informationnelle, le moins que l’on puisse dire est que les médias traditionnels n’ont pas bonne presse. Quelles sont les origines de cette crise ? Est-elle immuable ?

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Summers time

par Louis Vendel

Lawrence "Larry" Summers, director of the U.S. National Economic Council, speaks during a television interview in Washington, D.C., U.S., on Thursday, Feb. 4, 2010. Summers said last week the dollar will play a central role in the international financial system for a long time to come. Photographer: Andrew Harrer/Bloomberg via Getty Images

A partir du début des années 1990, la dérégulation et les nouvelles technologies de l’information donnent naissance aux produits dérivés sur les marchés financiers. Des « armes de destruction massive » selon la formule de Warren Buffet, qui participeront à accroître l’instabilité des marchés et sans doute possible à générer la crise financière de 2008.

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