Peut-on encore citer Charles de Gaulle ?

Nous sommes lundi, il est 8h. En ce début de la semaine, c’est bien tout frais que vous souhaitez prendre des nouvelles de ce beau monde qui vous entoure. Vous allumez donc Europe 1, France Inter, ou encore BFM Télé. Tous alors ils sont là. Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, François Bayrou, Montebourg, Chevènement (une liste non exhaustive), tous sont là pour vous parler d’un seul homme : Charles De Gaulle.

Lire la suite

Des étiquettes dans nos assiettes

A l’heure où les consciences s’éveillent et où les préoccupations sont à l’avenir de notre planète, les spécialistes semblent s’accorder sur un point : nous ne pouvons continuer à consommer comme nous le faisons à l’heure actuelle. Des années de culture intensive et de productivisme agricole ont aussi bien appauvri la terre et ses exploitants que notre assiette.

Lire la suite

Faut-il pleurer Emiliano Sala ?

Le lundi 21 janvier, le monomoteur transportant le footballeur argentin Emiliano Sala ainsi que son pilote, David Ibbotson, disparaît des radars et s’abîme au large de l’île de Guernesey. 11 jours plus tard, le jeudi 8 février, le corps de l’attaquant de 28 ans qui s’apprêtait à rejoindre le club gallois de Cardiff est identifié dans la carcasse de l’avion, au fond de la Manche.

Lire la suite

Et si vous partiez en Ouzbékistan…

Si vous deviez partir en voyage cet été, quelle destination choisiriez-vous ? Vous répondrez sûrement à cette question en citant le nom d’un pays d’Amérique latine, d’une région des Etats-Unis ou encore d’une île paradisiaque de l’Océan Indien. Mais, peu d’entre vous (si ce n’est aucun), ne mentionneront le nom de ce pays oublié d’Asie centrale qu’est l’Ouzbékistan. Je vais donc plaider la cause de cet Etat, trop peu connu, en vous donnant sept raisons de passer vos prochaines vacances en Ouzbékistan :

Lire la suite

Le mystère de l’astrologie

« Dîtes-moi comment je vais et comment va la France ? », c’est par cette question que François Mitterrand accueillait son astrologue à l’Élysée. Même les grands de ce monde croient aux pouvoirs des astres. Mais les signes du zodiaque sont-ils vraiment révélateurs de notre personnalité ? Que tu fasses partie des férus d’astrologie qui lisent leur horoscope tous les jours ou des scientifiques dénonçant ce mysticisme, tu trouveras la réponse à tes questions.

Lire la suite

Enquête sur le sandwich parisien

Mardi 5 juin 2018, XIème arrondissement de Paris. Nombreux sont les fins gourmets à faire la queue afin d’acquérir les tout premiers sandwichs de la ville, au grand dam de notre actuelle Ministre de la Santé résolument loin d’être fan de ce genre de mets. Les premiers dites-vous ? Tout amateur de sandwichs sait bien qu’il n’en est rien, si bien qu’un modeste guide issu d’expériences diverses et variées semble s’imposer afin de sensibiliser les néophytes fraîchement débarqués dans la capitale.

En cas de petit creux s’offrent à vous deux possibilités : s’aventurer dans les plus beaux coins de la ville et de ses alentours, ou pour les plus flemmards recevoir une livraison directement chez soi. Attardons-nous un instant sur la première option, retenue par les plus courageux d’entre nous. D’aucuns me répondront qu’il ne s’agit pas de courage mais simplement d’une admiration pour l’architecture des gares du nord de la ville ou des magnifiques tours des villes voisines aux confins des lignes de métro, notamment de la ligne 3. Si vous optez pour ce voyage, veillez à ne pas vous prénommer Jean-Philibert, ni être fan d’Eddy de Pretto, ni dans le cas contraire à ressembler à une personne combinant ces deux caractéristiques au risque de revenir à poil de votre odyssée, la baguette entre les jambes à défaut de sandwich.

La deuxième option est la plus fréquemment choisie, du moins pour les glandeurs comme vous et moi. Cette aventure commence par réussir à dénicher un numéro qui vous permettra d’entrer en contact avec un boulanger des alentours. Comment l’ob    tenir ? Baladez-vous sur les quais ou canaux de la ville et attendez d’être approché par des apprentis boulangers, généralement assez facilement reconnaissables. Ou tournez-vous vers vos amis déjà initiés à la quête de sandwichs dans la capitale. Deuxième étape : le premier contact. Vous n’avez en aucun cas besoin de travailler la formulation du message puisque vous n’obtiendrez en réponse qu’un simple « Adresse stp ». Dès lors s’entame une attente qui peut parfois s’avérer longue, très longue, très très longue (un record de 4h30 pour ma part). En effet, les boulangers, forts de leur formation technique, délaissent généralement la partie logistique de leur activité, à tort. Il n’est pas rare de devoir attendre plusieurs heures, rythmées par vos relances et les réponses du boulanger à la tête du réseau, au français bien léché. Les boulangers semblent apprécier nous mener à la baguette et sont très inventifs lorsqu’il s’agit de trouver des excuses. Le fameux « j’ai un imprévu » annonce souvent le pire. Voici quelques exemples, preuves de leur ingéniosité, dont vous pourrez allégrement vous inspirer pour faire patienter votre pote qui vous attend déjà depuis 30 minutes à la scep.

 

 

Votre livreur utilise un panel de moyens de transport assez large : la voiture pour les mieux organisés, le métro pour les amoureux des bains de foule, le bus pour les nostalgiques du collège, ou encore le train (« Désolé c’était la merde à cause de la grève » s’exclama d’ailleurs un livreur en fin d’année dernière lorsqu’il arriva enfin à mon adresse). A présent penchons-nous sur le profil du livreur. Peu importe le quartier dans lequel vous vivez, vous le reconnaîtrez généralement assez vite. Par ailleurs, vous pourrez être témoin du non-respect d’un des principes fondamentaux de l’Organisation Internationale du Travail dans la mesure où votre livreur est susceptible d’avoir le même âge que votre petit frère alors en classe de 4ème. Mais bon, vous vous en battez les couilles parce que vous avez la dalle, que vous êtes un gros enculé ou que vous estimez que Macron a raison lorsqu’il insiste sur la nécessité d’une refonte de la filière apprentissage en France.

Dans le cas où vous seriez mécontents de la qualité ou de la taille du sandwich, résignez-vous, vous n’avez aucun recours. Vous pourrez toujours tenter de gratter sournoisement quelques graines de sésame à votre livreur, mais vous comprendrez vite que vous feriez mieux d’aller vous faire foutre car selon lui : « Vous êtes tous pareils, nous on vous demande d’être compréhensifs ». Il a raison. Allez habiter en province ou attendez Madrid. En revanche, il faut savoir que si la logistique n’est pas la tasse de thé des boulangers, ils excellent dans le marketing. Une fois votre transaction effectuée, vous serez en effet pris en charge par le service client de votre boulanger qui cherchera à vous fidéliser à l’aide de relances toujours plus innovantes qui n’ont rien à envier aux services marketing des plus grandes sociétés, et qui ne manqueront pas de vous faire sourire.

 

 

Ainsi s’achève cette enquête sur le sandwich parisien. Elle ne cherche en aucun cas à le promouvoir ni à inciter à sa consommation. Pour votre santé mangez 5 fruits et légumes par jour et évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé.

Bonus :

L’ESCP au XIXe siècle : Vie sur le campus et associations (3)

PARTIE 3 : LA VIE SUR LE CAMPUS : BATIMENTS, ASSOCIATIONS ET VIE PARISIENNE

Les associations: La toute première, l’Association Amicale des Anciens Elèves, fut créée en 1872. Voici à quoi ressemblaient les premiers présidents. En somme, plus de pilosité faciale, de testostérone et de nœuds papillons qu’aujourd’hui.

Le rôle de l’association était de publier un Annuaire, d’organiser un banquet annuel et de rédiger un Bulletin trimestriel dans lequel étaient exposées les décisions du bureau, les communications d’intérêt général, ainsi que les offres et demandes d’emplois. C’était donc l’ancêtre de… l’Intranet. Ils publiaient aussi des rapports sur les Expositions universelles.

Déjà à l’époque, les associations était au centre de la vie sociale des étudiants : « Autour d’une petite table, une réunion de quelques amis, où l’on parlait du présent et surtout du passé, de l’Ecole, de l’enseignement, des intérêts de notre Association […] Nous formions une grande famille »

Puis, l’Association Amicale des Anciens Elèves décida de monter une sous-association, sous le nom de Conférence Adolphe Blanqui, qui serait chargée d’organiser des conférences économiques. L’embryon de Tribunes était né. Leur ambition était de « Créer un centre où les jeunes gens sortant des écoles commerciales pourraient s’exercer à la parole, où les hommes faits pourraient discuter les questions tenant à leurs intérêts ou à leurs travaux, où tous pourraient développer les idées qu’ils croiraient bonnes et utiles ». Cependant, toute discussion d’un caractère politique ou religieux était formellement interdite. Voici quelques exemples de conférences qui eurent effectivement lieu :

En février avait lieu ce qui pourrait s’apparenter à nos weekends de « passation » :

« un punch est offert annuellement par les anciens aux nouveaux. La connaissance s’y fait plus intime, on y scelle en quelque sorte une union indélébile, et la réunion se clôture généralement par un speech bien senti du président des anciens ».

La vie dans le quartier de l’Ecole :

« Il alla s’installer à la terrasse d’un grand café. C’était l’heure de l’apéritif et les buveurs, envahissant les tables, semblaient venus là pour assister à la migration de tout un peuple. Sur les trottoirs, une foule noire et compacte s’agitait ».

Ce témoignage aurait pu tout aussi bien être celui d’un étudiant deux siècles plus tard.

 

La nourriture à l’Ecole : L’auteur se souvient :

« Dans la cour des élèves, la baraque de la marchande de gâteaux évoqua la puérilité du temps où ils se croyaient des hommes. Les paris venaient se trancher là : on payait d’un gâteau, d’une groseille ou d’un cassis le tort qu’on avait eu à propos d’un problème. On s’offrait, pour satisfaire d’insatiables appétits, les petits croissants chauds dans lesquels on piquait deux tablettes de chocolat ».

On apprend aussi que les élèves disposaient déjà d’un stand grillade ! : « Dans la cuisine, voyez, il y a un appareil pour faire les viandes grillées ».

 

 

La cour intérieure : La cour comportait une fontaine, et les jeunes gens s’y retrouvaient souvent pour fumer bien que cela était interdit.

« Je pense souvent à nos fumeries à l’Ecole. Te souviens-tu comme on se cachait dans l’encoignure du préau ? […] Le nuage de fumée qui planait sur nous nous trahissait assez ».

 

Clôturons ce voyage dans le passé par ces quelques mots de l’auteur :

« Ici, c’était un palais dont les hôtes étaient traités comme des princes […] Qu’on les gâte, pourvu qu’ils travaillent ! Cela les rendra exigeants, ils voudront devenir millionnaires… Quand on veut, on peut : ils seront les princes du commerce et de l’industrie »

Macroniste avant l’heure.