Le crime féminin

Par Anne-Charlotte Peltier

     L’exposition « Présumées coupables » aux Archives Nationales retrace l’histoire des procès-verbaux intentés aux femmes, du Moyen-âge à la Libération. C’est l’occasion de s’interroger sur la femme et l’évolution de sa représentation tant dans l’imaginaire collectif que dans la réalité juridique, et surtout de relire six siècles d’histoire avec un œil différent.

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« Attends tout de toi-même », Bouddha.

Par Remi Curly

Est-ce une forme de pessimisme que de croire qu’il est préférable de n’attendre rien d’autrui ? Si de prime abord cette formule n’appelle qu’un démenti convenu, elle amène néanmoins à réfléchir sur l’importance que nous accordons aux attentes vis-à-vis de notre entourage.

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Quels enjeux pour la primaire à gauche ?

Par Tanguy Chapin

L’impossible reconquête

Il ne s’y risquera pas. Jeudi 1er décembre à 20h00, François Hollande annonça une décision unique dans l’histoire de la Vème République. La voie du renoncement. Démis jusque dans son propre camp, l’équation semblait insoluble. La primaire de la Belle Alliance Populaire sera donc placée sous l’ombre du doute et du président sortant.

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De Jésus à Santa Claus : anthropologie d’un barbu

Par Pauline Deydier

Le 24 décembre 1951, sur le parvis de la cathédrale de Dijon, un Père Noël fut pendu et brûlé. L’enjeu ? Dénoncer une inquiétante paganisation ayant conduit l’homme moderne à remplacer le sacro-saint macabé en culotte courte de nos crucifix par autre barbu, plus chaudement vêtu et – il faut bien le dire –, plus jovial : Santa Claus. L’affaire fit grand bruit : France-Soir en fit sa une et Claude Lévi-Strauss en tira un extraordinaire article publié l’année suivante sous le titre « Le Père Noël supplicié ».

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L’expo « Vivre !! agnès b. »

Par Anne-Charlotte Peltier

     A la différence d’une exposition centrée sur un artiste ou sur une thématique, l’exposition d’une collection d’œuvres privée a ceci de déroutant que la cohésion de l’ensemble ne tient qu’en ce qu’elle existe. En effet, comment expliquer la réunion d’œuvres d’art, amassées au cours d’une vie au rythme des coups de cœur et de hasard autrement que comme une subjectivité laissant son empreinte ?

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Syrie : la guerre d’après

Par Pauline Deydier

Alors que la guerre en Syrie bat son plein, Tribunes recevait il y a deux semaines Nicolas Henin, journaliste et spécialiste du Moyen-Orient, auteur de Jihad Academy : Nos erreurs face à l’État islamique*. Une fois n’est pas coutume, l’amphi Gélis a rassemblé plus de têtes blondes qu’il n’y avait de sièges. Et lorsqu’entra le tant attendu grand reporter, silence plateau. Car nous ne venions pas écouter un énième discours d’expert à propos du terrorisme, mais le témoignage critique d’un ex-otage des forces de Daesh.

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« Scientia potestas est »

Par Alexandre Glaser

Les Meditationes Sacrae de Bacon (1597) ont consacré la formule : « scientia potestas est » . Si Bacon entendait par là que la connaissance est en elle-même source de pouvoir au niveau individuel en tant qu’elle rend possible l’amélioration de soi, la formule a pris avec le temps un sens nouveau, alors que l’on reconnut progressivement qu’au niveau collectif plus l’on sait plus notre champ d’action est vaste. Ainsi comprend-t-on aisément combien dans la sphère politique l’information (sur les électeurs, sur les concurrents, sur le contexte socio-économique ) opère comme une clef de voûte : en manquer c’est condamner tout espoir de carrière politique, de campagne électorale fructueuse et à terme d’avenir politique. La conférence Tribunes, une fois n’est pas coutume, a abordé l’une des thématiques les plus centrales constituant le nouveau paysage politique, économique et social.

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The hateful seven, retour sur une primaire qui avait pourtant tout d’un bon Tarantino

Par Pauline Deydier

Dans un excellent western sorti en 2015, Quentin Tarantino mettait en scène huit cow boys égarés, forcés par une tempête de neige de trouver refuge dans une mystérieuse mercerie et de ronger leur frein, le temps d’une nuit, en attendant de pouvoir reprendre la route et leurs affaires. Un huis clos palpitant aux personnages bien campés, dont on sentait bien, dès le départ, que leurs divergences de points de vue, de desseins et de morales ne pourraient conduire qu’à un carnage. D’autant qu’on connait la fascination du réalisateur pour l’hémoglobine : enfermer huit cow boys (et au moins autant de guns) sous le même toit, alors même que les plaies de la guerre de Sécession sont encore béantes… Bad idea.

À la veille de l’ultime duel politique qui aura lieu dimanche, retour sur une primaire de la droite et du centre qui combinait elle aussi tous les éléments d’un bon Tarantino.

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