Dans les coulisses d’ArtManiac

Dimanche 25 mars – 14h30 – 79 avenue de la République.

J’ai aujourd’hui l’immense privilège d’assister à la répétition générale d’Art Maniac. Les 22 comédiens s’apprêtent à jouer une adaptation du Bal des voleurs, une pièce de Jean Anouilh datant de 1938, et relatant la rencontre entre la riche famille de Lady Hurf et trois voleurs déterminés à la dépouiller de ses richesses. C’est au Quatter qu’a lieu la répétition, un lieu qui m’est plutôt familier après six mois passés à y enchaîner les bières. Pourtant, une fois le seuil de l’antre franchi, je ne sais plus où je suis. Dans une ambiance noire rehaussée de quelques faisceaux lumineux, de grands draps suspendus au plafond segmentent la pièce en plusieurs zones mystérieuses. Comédiens, régisseur, metteur en scène s’affairent à régler les derniers détails pour la pièce ; pendant que certains fixent leur moustache, d’autres noircissent leurs joues au charbon, ajustent un projecteur ou relisent quelques notes. Leur metteur en scène, Ronan, ancien Art Maniac diplômé de l’ESCP il y a deux ans, travaille avec eux depuis le mois de novembre à un rythme acharné. Répétition des scènes, exercices de prosodie, de décomposition des gestes ou d’élargissement des intentions, le théâtre ça ne s’invente pas. Ils ont également dû travailler sur les décors, le maquillage et les costumes, un travail de longue haleine pour lequel la créativité de Lulu, une ancienne de l’asso ayant créé Rollet Couture, fût d’une aide précieuse.

Mais s’il est une difficulté encore plus grande à laquelle la troupe a dû se confronter, c’est celle du secret. Art Maniac, ce sont des visages camouflés par un masque blanc, un local aux mille mystères dans lequel peu d’élus peuvent pénétrer, des esquives permanentes pour ne pas dévoiler ne serait-ce qu’à ses amis les plus proches le moindre détail sur la pièce. Et ce secret, ils le partagent ensemble, ce que tous reconnaissent comme étant d’une efficacité redoutable pour souder des énergies autour d’un projet et renforcer les confiances mutuelles. Ce secret, ils l’étoffent pour la dernière fois cet après-midi devant moi.

Tiraillement entre devoirs et sentiments, nostalgie d’une vie sans flammes, complexité de l’adolescence, conflit d’identité, amour désabusé, il n’est pas étonnant que Ronan ait choisi ce texte d’une grande richesse pour la troupe. Dans ce bal mêlant une farandole de comédiens à un rythme délirant, on ne sait plus très bien qui joue et qui ne joue pas.

Quel personnage que cette Lady Hurf. La peau décrépie, un regard en perdition marqué de cernes creusées par la fatigue et l’ennui, cette sexagénaire semble usée par la vie. Mais en dépit de son apparente fragilité, c’est elle la femme forte qui régente la pièce et dont l’aura capte tous les regards. Même noyée sur scène au milieu de dix autres personnages, l’amplitude de ses gestes, l’exubérance de ses fourrures et l’autorité émanant de sa voix lui confèrent une place à part.  C’est à en oublier la comédienne qui l’incarne, dont les vingt ans ont été effacés par quelques habiles traits de pinceau.

J’ai davantage l’impression de découvrir un bout de la personnalité cachée de chacun.

Et Eva, n’était-elle pas encore une personne toute douce et timide il y a une heure ? Où est-elle allée puiser cette voix forte et violente, ce regard séducteur et cette posture sensuelle ? J’ai beau vouloir croire à des métamorphoses ponctuelles, celles du comédien qui plonge dans son rôle puis le quitte en même temps que son costume, j’ai davantage l’impression de découvrir un bout de la personnalité cachée de chacun.

Subjugués par le jeu des comédiens, on oublierait presque la mise en scène millimétrée avec laquelle ils évoluent. Les décors se succèdent à un rythme effréné sans ne laisser aucun détail au hasard. Dans cette pièce où le voleur peut se transformer en fleur, une table peut se faire cachette et un même canapé peut accueillir querelles, confidences, amour, déchirements.

Vous repartirez sûrement du passage vers les étoiles songeurs. Songeurs quant à vos rêves de jeunesse, qui ne sont vus par vos aînés que comme les désillusions d’une vie passée. Songeurs quant à l’inégal accès au bonheur, réservé aux amoureux naïfs mais confisqué aux plus sceptiques et pragmatiques. Songeurs quant à l’absurdité de la vie, des perles et des bijoux. Songeurs quant à notre addiction à l’oubli ou à son synonyme qu’est le divertissement.

Et si vous ne comprenez rien au sens de mes songes obscures, dépêchez-vous d’aller les voir, il n’est pas trop tard.

Marche des fiertés 2017 : un anniversaire en demi-teinte

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Non, François Fillon ne cèdera pas… et Nuit Debout non plus !

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Is the Flore toujours the Flore ?

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Lieu mythique qu’on ne présente plus , le Café de Flore fêtera, d’après Wikipedia, ses 140 printemps cette année, et reste l’un des clichés les plus carte postale de la ville lumière. En plein cœur de Saint-Germain, il a été le lieu de rendez-vous de grands noms de la littérature qui y avaient leurs habitudes. Le couple le plus emblématique et le plus fascinant reste sans doute Simone et Jean-Paul, qui s’y sentaient à la maison.

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Le crime féminin

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L’expo « Vivre !! agnès b. »

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