Du bon usage de l’outil Tinder en école de commerce

Bien souvent, une fois arrivé en école de commerce se pose la question de la séduction. Les deux voire trois années de classe préparatoire aux grandes écoles ont été l’occasion de placer l’intellect au premier plan, au détriment de la famille, de l’hygiène, voire de l’amour (on se permettra ici de rappeler le vieil adage « prépa maquée, prépa ratée »). Ainsi, une cohorte de jeunes gens en quête d’affection intègre, et pour une partie non négligeable, c’est l’occasion idoine de renouer avec les plaisirs de la chair.

Cependant, parfois, malgré les OB, les soirées au Quatter et les travaux de groupe, certains peinent à trouver dans le regard de l’autre la flamme du désir. C’est alors qu’intervient l’un des principaux outils de rencontre de notre ère : le Tinder. Étant donné qu’un élève en école de commerce dispose d’un temps disponible insolemment important, il peut s’atteler à la prospection matrimoniale avec opiniâtreté.

Tout commence avec la création du profil. Cette dernière est facilitée par la vie d’étudiant : une photo de CV en costume, une photo avec une pinte fraîche à la main et une dernière en PLS sur le trottoir feront l’affaire. Tous les ingrédients du succès sont réunis : du sérieux (il ramènera de l’oseille au foyer), du festif (il sait s’amuser on va sortir et rire ensemble), de la sensibilité (les filles adorent les fragiles). Trois clichés, ni trop ni trop peu, un bon nombre pour un profil Tinder.

Se pose ensuite la sempiternelle question : faut-il indiquer son école sur son profil ? En montrant que vous êtes dans une « prestigieuse business school française », vous envoyez certes un signal positif – qui pourrait vous apportez un match pour une autre raison que votre physique -, mais vous êtes également à découvert : tout autre élève de ESCP Europe utilisant l’application pourra vous démasquer (Cf. la théorie de l’asymétrie d’information). N’hésitez donc pas à indiquer une autre école de renom sur votre profil, vous cumulez ainsi prestige intellectuel et anonymat.

Enfin, pour la description, privilégiez l’humour, ou un amoncellement de mensonges concernant des exploits sportifs imaginaires, des voyages inventés et des passions factices. Certains combos sont ainsi très efficaces pour décrocher le précieux like. Parmi eux on compte le « marathonien/tour du monde en voile/plongée sous-marine », le « golfeur/enfance à Hong-Kong/Bernard Arnault » ou l’indétrônable « musculation/trek en Amérique Latine/cuisiner ».

Une fois le profil peaufiné, il ne vous reste plus qu’à débuter la grande marche : un coup à droite, deux coups à gauche, quatre coups à droite, deux coups à gauche… de quoi passer le temps en cours de Marketing ou de Statistiques. Sans surprise, les matchs s’accumulent. Certains sont décevants, c’est normal. Vous n’aviez pas pris le temps de voir les autres photos et elle n’était pas à droite mais à gauche sur la première. Vous n’aviez pas pensé à lire la description et il s’agit d’un transsexuel. Vous n’aviez pas regardé le prénom mais il s’agit d’une ex. Qu’à cela ne tienne, l’intervalle de confiance sur votre échantillon est α = 0,95.

Ultime étape : la discussion. Et dans ce domaine épineux, l’expérience vaut mieux que de longs discours. Voici donc quelques pistes d’approche pour briser la glace, testées par un membre éminent de Streams.

  • Le compliment sur le physique. Cela peut sembler primitif, malvenu, trop simpliste, mais qui n’est pas content d’entendre qu’il a de beaux sourcils ?

 

  • La déclaration d’amour. Ça fait forceur, c’est indéniable, mais « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » disait Pascal.

 

  • L’allusion sexuelle imagée. Parfois les images ont bien plus d’impact que les mots.

 

  • La poésie. De tout temps, les poètes ont plu aux femmes. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ?

 

  • La blague sur le prénom. De mauvais goût ou non, il faut la tenter.

 

  • Demander conseil. Revenir à ce que la vie a de plus prosaïque : une question, une recommandation, une remarque ? Le match Tinder est un interlocuteur comme un autre.

 

  • Le retour en enfance. Jouer la carte de l’émotion et de la tendresse peut s’avérer terriblement efficace.

  • Le « Test ». Très utile pour savoir s’il y a quelqu’un à l’autre bout du fil.

  • Le foutage de gueule. L’humour acerbe est fréquent en cas de désespoir.

  • L’honnêteté. Montrer tous ses défauts dès le début permet d’éviter la déception lors du premier rendez-vous.

  • La recherche de bon plan. Penser réseau, toujours réseau.

  • La proposition de rendez-vous directe. On raconte que les femmes aiment les hommes sûrs d’eux, téméraires, qui osent.

Utiliser Tinder est un art. Soyez vigilant néanmoins, le caractère addictif de cette application peut vous amener à payer le vicieux supplément « Tinder plus », qui est un service tout de même assez onéreux (54,99€ par mois avec renouvellement automatique), et qui pourrait bien happer une partie non négligeable de votre emprunt bancaire. Le vice est d’autant plus grand que notre chère ESCP Europe est présente dans des publicités Tinder proposant des « taux attractifs à 6% ». Prudence dans le swipe donc !

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