Si Marine Le Pen était directrice de l’ESCP

Tome I

par Louis Vendel, illustrations de Manor Askzi

Après avoir orchestré un vil putsch rappelant le coup d’état et la prise du Palais d’hiver par Lénine et les Bolcheviks, Marine Le Pen s’installait à la tête de l’ESCP. Impuissants, les étudiants de l’école, qui profitaient sereinement de sa cour qu’inondait le soleil, virent les hommes de la police politique du Parti frontiste se saisir des lieux. Ces derniers, répondant aux ordres de Bruno Gollnisch, tous vêtus de noir et armés de parapluies, avaient tout ce qui donne un air d’apparat, mais dégageaient pourtant une austérité insupportable. A cet instant où ils arrêtèrent leur marche militaire pour ancrer leurs bottines dans le ciment, ils semblaient abolir le temps. Nulle résistance à mater dans ces beaux bâtiments qui virent jadis Jean-Baptiste Say fouler leur parquet, car l’assistance était comme pétrifiée par l’incompréhension.

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Moi, redoublante

 

L’année dernière, les choses ont changé. A partir de deux matières redoublées, les étudiants de Pré-Master ne pourront plus passer en M1, alors que le niveau de tolérance était bien plus élevé dans le passé. Plus que ce changement des règles du jeu, ce qui pose problème, c’est l’annonce plus que tardive de cette modification dont une vingtaine d’élèves fait les frais. Retour sur cet épisode qui a créé un important tumulte au sein de l’école en juin 2015.

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Le son de la barre

Rétrospective d’une saison au Club Foot ESCP Europe

par Clément Reuland

CF 2015 2

« Je viens de parler avec Nico, il dit qu’il peut jouer, donc désolé Vendel, tu peux enlever le maillot. » La sentence avait été prononcée d’un trait, le plus vite possible, comme pour ne pas faire mal. Mais l’air avait pourtant bien sifflé sous l’effet de la lame, rapidement couverte par les « merci Louis » et les applaudissements qui cherchaient à la faire oublier. Les néons blancs du vestiaire semblaient soudain s’être éteint, laissant place aux regards compatissants des coéquipiers, braqués comme autant de projecteurs sur ce héros qui ne l’avait pas demandé. L’air hagard, ses yeux perdus accusaient le coup entre stupéfaction et résignation, complétant la dramaturgie d’une scène qui échappait pour un instant encore à sa compréhension. Le bruit des crampons résonnait contre les parois carrelées du vestiaire, tandis que chacun s’empressait d’aller lui adresser un mot, une tape solidaire, dans un ultime moment de communion avant le combat. C’était un jeudi 12 février, il faisait beau et froid, et dans un quart d’heure le Club Foot ESCP Europe allait affronter HEC en seizième de finale des Championnats de France universitaires.

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