C’est arrivé un 5 décembre

par Albane Dailler

Le 5 décembre 1933, l’Amérique pouvait enfin s’enivrer à nouveau librement. Instituée conjointement par le 18ème amendement de la Constitution américaine et le Volstead Act en 1920, l’interdiction de vente et de production d’alcool régna pendant treize ans dans tous les Etats d’Amérique. Arrivé

 

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Des centaines de distilleries clandestines abreuvèrent alors les américains de spiritueux des plus nocifs. Réalisant le danger que la prohibition constituait pour la santé publique, mais aussi et surtout les pertes énormes qu’elle engendrait pour le gouvernement en matière de revenu fiscal, Roosevelt décida rapidement de l’abroger.

 

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Si vous souhaitez vous pencher sur cette période de l’histoire américaine qui est aussi celle du règne d’Al Capone et qui soulève fantasmes et interrogations, on ne saurait trop vous recommander la série à succès Boardwalk Empire. Une série mise en scène par plusieurs grands réalisateurs dont Martin Scorsese (pour le premier épisode) où Steve Buscemi a le rôle principal et, c’est rare, il ne joue pas une vicos.

 

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« Il faut être toujours ivre. Tout est là: c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi? De vin, de poésie, de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront: « Il est l’heure de s’enivrer! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. » Baudelaire, Enivrez-vous