Sept ans (ou presque) à coté du Tibet

Par Quentin Predignac

Cet article s’adresse à toi, jeune 1a, ou bien encore comme tu te nommes encore toi même : « premaster ». Tu viens d’intégrer l’escp, tu sors à peine de ton Wei, et voila que déjà commencent les apéros d’assos, rare institution scepienne qui ne soit pas en voie d’extinction. Tes yeux émerveillés brillent, et tu es tout entier tourné vers ton année et tes ambitions pour celle ci. Et pourtant je suis la pour te parler de ton été prochain, bien qu’il te paraisse encore bien loin: tu seras tenu d’y effectuer un stage, ou bien, en cas d’engagement dans une association humanitaire, de passer ton été à l’étranger. Assumer que cet article est cette tentative de propagande déguisée en faveur de cette deuxième option est un euphémisme, mais je m’efforcerai de le cacher de mon mieux. Voici donc pour ton plus grand plaisir, un top 10 des raisons de passer ton prochain été au Nepal :

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1. Parce qu’il se pourrait bien que tu apprennes plus au Nepal que pendant un stage pété à Paris. Bah oui, quand tu dois gérer la bagatelle de 12 000€ face a une population dont le seul but est de te queneller, t’apprends vite deux trois trucs en terme de négociations. Indispensable pour comprendre les enjeux du terrain pour quiconque souhaite travailler à l’international et/ou dans les PED. Bon de là à marquer « project manager » sur ton cv après…

2. Parce qu’en plus d’être totalement justifiable sur ton cv plus tard, tu t’achètes une conscience, tout en voyageant défiscalisé. Idéal avant de vendre son âme à la finance de marché. Bon allez j’arrête le cynisme, il ne me sied pas.

3. Parce que tu passes tes deux mois d’été avec tes copains d’école, qui par là deviennent tes amis d’école. Deux mois à vivre en huis clos dans la boue, les sangsues et la mousson, ça forge des liens durables, façon « Full Nepal Jacket ». Tu peux même te payer le luxe de te raser le crâne avec eux, dans un style très « Humanitaire History X »

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4. Parce que dans l’enfer de Dante, au centre des 9 cercles concentriques de l’enfer, il y a le stage parisien au mois d’août. Où ce que l’humanité compte de pire est obligé de prendre le métro en costume par 35 degrés, pour aller faire de l’Excel (au mieux), dans des bureaux vides, tout en étant sous payé. A fuir.

5. Parce que qui dit Népal dit trekk, et n’importe qui devrait pouvoir, au moins une fois dans sa vie, voir le toit du monde. Ou encore être le spectateur d’un lever de soleil au milieu de l’Himalaya, quand les premiers rayons déchirent la fine brume matinale, et allument un brasier lumineux là haut, dans les neiges éternelles à plus de 8000m.

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6. Parce qu’après un an à galérer à te payer un domac à Paris, il n’est pas désagréable de subitement devenir le roi du pétrole. Le Népal, ou comment pimper à prix cassés. Avis au skloub, Mdg attend toujours son intro. A bon entendeur…

7. Parce qu’un philosophe bordelais, dont le but avoué était de « niaiser » (il avait le temps)*, a un jour dit: « il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui ». Tout le monde n’est pas rugbyman et n’a donc pas l’occasion de se limer la cervelle contre autrui, et tous les rugbymans n’ont pas forcément de cervelle à limer, en bref, autant voyager, tout le monde y gagne.

8. Parce que tu pourras traiter là bas tes phobies et économiser tes séances de psy. Phobique ou pas, quand tu vois un népalais de 10 ans prendre une araignée à la main avant de traverser un pont de corde au dessus d’un ravin, tu te dis qu’il est temps de prendre ta vie en main.

9. Parce qu’on ne sait jamais, tu pourrais trouver l’illumination dans un temple bouddhiste, et renoncer aux richesses de ce monde pour vivre une vie d’ascète loin de la civilisation. Si ça n’arrive pas, tu peux toujours imiter Barralis et te rabattre sur les palaces de Katmandu.

10. Pour y gouter leurs sandwichs. Le Népal est LE pays du sandwich. Que vous soyez néophyte ou amateur expérimenté, vous trouverez au Népal des sandwichs frais et bios, à déguster à toute heure de la journée, seul ou entre amis.

*Montaigne les essais, Livre 2, 3

Bon allez petit bonus:
11. Parce que momos. Cadeau des dieux. Tout est dit. Google sinon.

Bon, j’espère que ce petit top t’a bien motivé et qu’on te verra aux apéros SFN. Mais comme je suis honnête intellectuellement, je ne voudrais pas que tu te motives pour les mauvaises raisons, c’est pourquoi je t’offre également un top 10 des mauvaises raisons de partir au Népal:

1. Changer sa tof de profil avec un petit népalais trop mignon
2. Pour trouver l’amour, ou à défaut un mariage arrangé
3. Parce que la diarrhée te fait le ventre plat
4. Pour te découvrir une vocation pour la guitare (cc foulon)
5. Pour monter un réseau international de travailleurs clandestins via le Qatar
6. Pour apprendre des nouvelles insultes ou insulter des gens qui te comprennent pas
7. Pour se faire une teinture foireuse
8. Parce que cosmos de l’enjaille
9. Parce que zizi zezette
10. Pour mettre trois têtes aux gens peu importe ta taille