Vive les footix !

Dans le fond c’est quoi un footix ? Aujourd’hui, le terme « footix » n’est plus cantonné à sa seule acception originelle. Footix, ce n’est plus simplement la mascotte de la coupe du monde 98. Car oui oui, « Footix », à l’origine, c’est ce mec :

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Ce coq bleu et rouge qui rentre sans forcer au panthéon des plus grosses têtes de cul d’Europe. Mais depuis environ 4 ans, le mot « footix » est employé à tort et à travers et revêt une pluralité de sens possibles :

– Infâme personnage prétendant avoir la science infuse lorsqu’on en vient au foot alors que l’expert à découvert la règle du hors-jeu en 2013, qui adule les joueurs en forme et méprise ceux qui sont dans une mauvaise passe. J’ai nommé le footix invétéré.

– Le footix bobo : parfois arriviste, parfois connaisseur de longue date, ce footix a une certaine culture footballistique, c’est indéniable. Sa propension à se tourner vers des équipes improbables, à vanter la qualité de joueurs quasi-inconnus et le panache de clubs ouvriers de seconde zone « qui ont de vraies valeurs », trahit en fait une certaine imposture. Il est un peu au football ce que le type qui habite un 300 m2 dans le 16 et qui se prend pour un mec du ghetto, est à la société. En somme, c’est le hypster du supportérisme : à vouloir se démarquer des autres pour ne pas être taxé de « footix », il en devient ce qu’il cherchait à fuir. Triste sire.

– Le footix modéré. Il s’y connaît en foot, il a une position ferme sur ce sport qu’il sait défendre par des arguments valables, seulement, il arrive qu’il soit assimilé par les ignares (et notamment par le footix bobo) à la catégorie footix, lorsque son opinion sur un joueur oscille en fonction de son rendement sur le terrain. « Il suit le mouv’ quoi, c’est trop un footix » (phrase qu’un footix bobo, cherchant à fuir sa propre qualité de footix, prononcerait à l’encontre d’un footix modéré, qui en toute courtoisie devrait lui rétorquer : « et ta mère l’épave, elle boit de la kro ? »).

Footix : un terme obsolète

En fait, le terme footix ne veut plus rien dire. Il est tant employé dans le foot qu’on ne sait plus quel sens lui prêter. Tel qu’il est employé, il est obsolète. Il ne discrimine plus. Car dans le fond, on est tous des putain de footix. Eh oui, c’est normal d’apprécier les bons joueurs et de moins aimer les mauvais, d’avoir une meilleure opinion d’un joueur quand il est dans une bonne période. Il y a pléthore d’exemples de joueurs emblématiques qui ont connu des moments de flottements sur le terrain, ayant causés des répercussions immédiates sur leur côte de popularité. Parmi eux on pourrait citer Cristiano Ronaldo, vivement critiqué par ses propres fans lors de sa période délicate au début de l’année 2015, ou Falcao, idolâtré à l’Atletico, et qui aujourd’hui sombre dans l’anonymat depuis qu’il est en perdition à Manchester. Tous leurs détracteurs sont-ils pour autant des footix ? N’est-il pas normal de critiquer un joueur lorsqu’il est mauvais et de dire qu’il est bon lorsqu’il l’est ? Samedi 25 avril, Lavezzi – très décrié depuis son arrivée au PSG du fait de son faible rendement offensif -, a planté un triplé contre Lille. Le lendemain, le quotidien L’Equipe dressait un petit éloge au « Pocho » Lavezzi, et nous disait en gros : « Lavezzi c’est un fanfaron, il aime se tiser la gueule et montrer son chibre à tout va pour faire des blagues à ses potes, mais on l’aime bien. Et puis il est quand même assez fort ». Pourtant, il a souvent été pointé du doigt par les journalistes de l’Equipe. Sont-ils alors des footix ? Bah non pélo. Leurs articles manquent parfois de fond, leur prose fait rarement voyager par sa poésie, mais les journalistes de l’Equipe ne sont pas des footix. Car au fond, on est tous des footix, au sens où ce terme est employé aujourd’hui. C’est normal d’aimer les bons joueurs et pas les mauvais. La seule acception légitime de ce terme aujourd’hui est celle du footix invétéré, et en particulier celui que l’on nomme aussi le Quatarix, ou encore le Pastorix. C’est le mec qui n’éprouvait aucune affection particulière pour le PSG avant son rachat par les actionnaires Quataris, et qui se permet de chanter « O ville lumière » comme s’il était un puriste et un pilier du Parc depuis 15 ans, maintenant que c’est football-champagne du côté de la Porte d’Auteuil. Mais tu peux aussi l’appeler « connard ».