Césure = Aventure ?

  • Et toi l’année prochaine tu fais quoi ?
  • Je vais traverser l’Atlantique à la voile !

 

Cette conversation vous semble à mille lieues de vos préoccupations d’étudiant ? Vous pourriez pourtant l’entendre dans un couloir de l’ESCP.  Les scépiens et scépiennes ont en effet la possibilité de rallonger leur scolarité de 6 mois ou un an pour laisser libre cours à leurs envies et réaliser leurs rêves les plus fous, sans rapport nécessaire avec leur cursus académique. Un an de Master 1, deux stages de six mois, puis un an de Master 2 : cela constitue le parcours classique suivi par la plupart des étudiants. Néanmoins une minorité grandissante d’élèves de l’école décide depuis quelques années de réaliser le Master in Management en 4 ans et non 3 pour consacrer l’année restante au projet de leur choix.

 

Votre rêve de gosse est peut-être à portée de main, dans un an il pourrait ne plus être un fantasme mais devenir une aventure belle et intense. Faire le tour du monde, apprendre le théâtre en conservatoire, se mettre au service des plus pauvres ou encore lancer sa marque de couture … aujourd’hui tout est possible, ne laissons pas passer cette chance !

Loin d’être réservé aux plus téméraires d’entre nous ou à ceux qui nourrissent un rêve d’aventure depuis leurs plus tendres années, cela concerne aussi les étudiants qui souhaitent prendre du recul avant de se lancer dans la vie professionnelle.

Nombre d’étudiants en école de commerce se destinent à une carrière ambitieuse et stimulante, mais aussi prenante, débordant parfois sur la vie privée. A l’aube de notre vie « d’adulte », nous pouvons décider d’appuyer sur pause pour quelques mois et de nous lancer dans l’Aventure.  Aventure autour du monde pour certains, Aventure intérieure pour d’autres, mais toujours l’inconnu avec toutes ses richesses.

 

Partir à l’aventure, c’est bien beau mais en pratique, est-ce vraiment possible à ESCP Europe ? N’est-ce pas un handicap pour s’insérer dans la vie professionnelle ? Et les employeurs, ils en pensent quoi ? Pour répondre à toutes ces questions, Streams a rencontré plusieurs étudiants de promotions différentes.

Baptême de saut en parachute pour le Programme Grande Ecole de Saint Cyr

 

 Pourquoi se lancer dans l’Aventure ?

 Pour la majorité des étudiants, l’école de commerce constitue un terrain de jeu ouvert à la création de nouvelles règles, riche de compagnons de jeu prêts à consacrer du temps et de l’énergie à des projets fous. Pour les trois membres de l’association Petit à Petit, tout est parti d’une prise de conscience commune : chacun nourrissait l’envie de consacrer du temps à des expériences humaines et comptait profiter de la possibilité d’une année de césure supplémentaire pour sortir de sa zone de confort. Ils ont donc choisi de partir à l’aventure en allant vivre avec les plus pauvres au quatre coins du monde. C’est donc dans un quartier chaud de Santiago du Chile avec l’association Misericordia, avec les prostituées au Cambodge, les malades d’un hôpital au Bénin, les enfants handicapés du centre Notre Dame de la Paix et les réfugiés irakiens en Jordanie qu’ils ont décidé de vivre leur grand voyage. « Deux groupes d’amis sont partis vivre une aventure du même ordre après avoir entendu parler de Petit à Petit » se félicite Quentin, l’un des trois baroudeurs. Entendre que des projets aussi fous sont possibles de la bouche de ses amis  pousse à se lancer à son tour, à oser se demander « Pourquoi pas moi ? ». C’est ainsi qu’en voyant des camarades de l’ESCP partir naviguer une année durant, quatre élèves de l’école ont décidé de créer l’association Mare Nostrum. Leur objectif : retaper un bateau et partir six mois en Méditerranée tout en parrainant le Lit du Vent, association visant à redonner goût à la vie à des personnes en rémission de cancer en les emmenant en croisière. « Au début c’était une blague récurrente mais un jour on a décidé de se lancer, et une fois la machine lancée, difficile de revenir en arrière », explique l’un des navigateurs.  La possibilité de repousser l’échéance du diplôme et de passer six mois sans contrainte à faire ce qu’ils aiment les a séduit, et ils ont sauté le pas en achetant leur bateau en septembre.

Si le désir de partir à l’Aventure est apparu au cours de leurs études pour certains, pour d’autres la prolongation de la césure répond à un rêve d’enfant. Alors qu’il avait hésité à intégrer une classe préparatoire militaire avant de se diriger vers le commerce, Charles-Auxence, à l’instar de 7 autres élèves de l’ESCP, a suivi pendant 6 mois une formation militaire dans le cadre du Programme Grande Ecole de Saint Cyr, profitant ainsi de sa dernière chance de découvrir le secteur qui l’avait fait rêver plus jeune. Pour passer la sélection drastique précédant cette formation – 30 places pour 200 candidats —   ils se sont serrés les coudes et leur solidarité s’est avérée payante puisque chaque année le nombre d’étudiants inscrits à ce programme augmente.

Petit à Petit au Cambodge

Le Programme Grande Ecole n’est pas le seul partenariat proposé par l’ESCP pour vivre une césure différente. Clémence a passé ses deux années de césure à enseigner les mathématiques et à occuper la fonction de professeure principale en collège REP (Réseau d’Education Prioritaire) à Villepinte, dans le 93, grâce au programme Le Choix de l’Ecole (anciennement Teach for France). Ce choix peu commun vient d’un rêve d’enfant, contrarié par la faible valorisation du métier d’institutrice. « On m’a dit que j’avais le niveau pour “faire mieux“, mais quand j’ai entendu parler de ce programme ce rêve a tout de suite refait surface ». Elle prépare alors des entretiens  pour des stages plus classiques pour une étudiante en école de commerce.  Toutefois le fait de s’engager pour une cause en laquelle elle croyait tout en étant accompagnée par des professionnels a eu raison du parcours tout tracé auquel elle pensait être destinée.

Dans l’imaginaire commun, la figure de l’aventurier évoque un Indiana Jones des temps modernes mais partir à l’aventure n’implique pas forcément un départ matériel, comme en témoigne le parcours de Thomas, aujourd’hui en master de philosophie et au conservatoire de théâtre pour la deuxième année consécutive. Au début de sa scolarité à l’ESCP, celui-ci a ressenti le besoin d’aller utiliser le temps que l’école laisse pour chercher des environnements qui le stimuleraient davantage, et s’est ainsi qu’il a décidé de se consacrer à ces deux disciplines différentes en tout point de son cursus initial.

 

 

Concrètement, ça donne quoi ?

Dans chaque projet ressort le développement d’un savoir-être, acquis au travers d’expériences à milles lieux des stages professionnels effectués dans le cadre de l’école de commerce mais fortement valorisé sur le marché du travail. Lorsqu’il était à l’école d’application de l’infanterie, Charles-Auxence était chef de section de 30 personnes bien plus expérimentées que lui. Cette responsabilité, qui peut sembler effrayante à une vingtaine d’années, a été une véritable leçon d’humilité et de recul. Même ressenti pour Clémence, qui considère que gérer une classe constitue un cours de management complet. Dans une classe, sur un bateau ou sur les planches, le sang-froid, l’adaptabilité et la réactivité sont autant de qualités appréciées en entreprise qu’on ne peut pas apprendre dans un manuel.

Au-delà des compétences qu’apportent ces expériences, chacun garde en mémoire des souvenirs intenses et des rencontres marquantes. Thomas a pu ainsi lier des relations avec des apprentis philosophes et des comédiens extraordinaires, ces rencontres le poussant même à monter un projet de film avec eux.  Chacune de ces aventures a son lot d’instants de grâce qui confirment que ce choix était le bon : « Le sourire de l’élève qui a compris. L’élève décrocheur que tu emmènes camper en pleine nature et qui dit en fin de séjour “whala elle va trop me manquer la forêt“ » se souvient Clémence. Pour Charles-Auxence, son brevet de parachute fait partie d’un des moments les plus forts de sa césure. Le parachute s’étant mal ouvert au moment de sauter, celui-ci a dû déclencher la procédure de secours. Il peut encore ressentir l’adrénaline de cet accident de parcours.

Tous admettent avoir été bousculés à un moment donné durant cette année atypique, et parfois amené à reconsidérer leur vision des choses. Au cours de son épopée à travers le monde, Quentin a tiré nombre d’enseignements de ceux qu’on range vite dans la case « exclus de la société », dont la nécessité de l’humilité dans toute relation humaine. En pensant apporter son aide à des personnes dans le dénuement, il a vite réalisé qu’il était en fait l’élève et non le professeur de ces gens. «C’est en acceptant de recevoir des autres et en se laissant aimer qu’on devient capable de donner » résume-t-il.  De retour à une vie plus classique, il estime qu’une telle parenthèse ne peut pas se fermer sans autre forme de procès. A lui de réinscrire cette expérience dans sa vie professionnelle et personnelle.

L’équipage de Mare Nostrum sur leur bateau, la Pachamama

Chez chacun, on retrouve la quête de sens au cœur de leur aventure. Pour les Saint Cyriens, les attentats récents ont joué un rôle prépondérant dans leur engagement tandis que les membres de Mare Nostrum ont trouvé indispensable de mettre une association caritative au cœur de leur projet. Si certains déplorent le manque de sens dans un cursus en école de commerce, on peut au contraire y voir une possibilité de lui donner la signification qui nous anime personnellement, tout en sachant que des significations, il y en aura autant que d’élèves.

 

Et les autres, ils en pensent quoi ?

 Pour nombre d’étudiants, les proches se sont montrés des soutiens précieux. Certains ont néanmoins du faire face à l’incompréhension de leur entourage qui peine parfois à comprendre le pourquoi d’une année passée à « rien faire » au lieu de terminer ses études au plus vite ou à la difficulté de prouver le sérieux de leur projet.  Les partenariats avec l’ESCP offrent un accompagnement plus solide que pour les autres projets. L’école comptabilise les années d’enseignement avec Le Choix de l’Ecole comme une expérience professionnelle ce qui facilite le déroulement du cursus académique. Les étudiants bénéficient en outre d’une formation d’un mois, de plusieurs tuteurs et d’un mentor engagé dans le monde du travail pour faciliter la reconversion. Le Programme Grande Ecole de Saint-Cyr jouit aussi d’une bonne réputation au sein de l’administration de l’ESCP, qui soutient activement ce partenariat, notamment du fait du passé militaire du dean Frank Bournois. Il est plus difficile néanmoins de cumuler les cursus, ce qui implique bon nombre d’absences et de rattrapages, même si cela reste faisable grâce à la solidarité entre les étudiants dans le même cas. De manière générale, l’administration accueille positivement les projets des étudiants et ne pose aucun problème à leur mise en œuvre.

Les entreprises, pour leur part, apprécient souvent ces expériences originales et riches en enseignements. Plusieurs d’entres elles s’engagent d’ailleurs en tant que sponsors. Avoir pris l’initiative de sortir des sentiers battus apporte un vrai « plus » en entretien d’après les concernés mais c’est surtout dans la vie de tous les jours que les fruits de aventures sont reconnus. Humilité, fiabilité, exemplarité — les maître-mots à Saint Cyr – sont sans surprise des qualités très valorisées dans le monde de l’entreprise.

Le Programme Grande Ecole de Saint Cyr

A nous d’oser nous lancer dans l’Aventure !

 

Si vous aviez déjà une idée derrière la tête, ou si la lecture de cet article a réveillé l’aventurier qui est en vous, voici quelques conseils de ceux qui se sont lancés :

  • « Laissez l’idée germer, parlez-en autour de vous, à vos amis qui pourraient être intéressés. Donnez-vous la possibilité de partir. » Quentin, Mare Nostrum
  • « Saisissez cette opportunité de prendre un an ou six mois pour faire ce que vous voulez. On a le temps à ce stade de nos vies. N’ayez pas peur de le faire, vous ne serez pas des exceptions. » Charles-Auxence, Programme Grande Ecole de Saint-Cyr
  • « L’ESCP nous offre le secours d’un vrai filet de sécurité et nous autorise ainsi à prendre des risques déments. Elle donne un sauf-conduit vers une sorte de confort en plus de la proximité de plein d’autres établissements qui vous formeraient peut-être plus à ce que vous voulez faire, et les deux ensemble ça fait un CV qui déboîte. » Thomas, Conservatoire de théâtre et master de philosophie
  • « Pourquoi attendre pour faire ce qui te plaît vraiment ? Si ce n’est pas nous, les étudiants sensés être les mieux formés de France, qui nous attaquons aux causes qui nous sont chères, qui le fera ? » Clémence, Le Choix de l’Ecole
  • « Ne risquez pas de passer votre vie à la rêver. Tu ne te tromperas jamais à accorder le plus grand sérieux à tes désirs les plus profonds et à te lancer à leur poursuite. » Quentin, Petit à Petit

 

 

 

Sources

 

Témoignages

Quentin Robert

Charles-Auxence Telle

Clémence Pignède

Quentin de Veyrac

Thomas de Reals

 

Pour plus de renseignements 

Mare Nostrum : https://www.facebook.com/marenostrumsailing/

Programme Grandes Ecoles de l’armée de terre :  https://www.sengager.fr/parcours/partenariat-grandes-ecoles

Le Choix de l’Ecole : http://www.lechoixdelecole.org

Petit à Petit : https://www.facebook.com/Petit-à-Petit-512184045556881/

À l’école des plus pauvres par Quentin de Veyrac, Edition Artège

 

Quand le spectateur devient comédien

Jeudi dernier, 21 heures, devant une ancienne usine du Vème arrondissement. Les derniers retardataires se pressent à la porte du théâtre Le Secret. Ils ont rendez-vous avec Hamlet, Horatio, Ophélie et les autres habitants du château d’Helsingor, où se déroule la célèbre pièce de Shakespeare. Ce soir néanmoins, pas question d’écouter passivement les tirades du grand dramaturge. « Chaussures confortables recommandées » précisait le billet.

 

Les spectateurs embarquent donc dans un voyage dans le temps et se retrouvent projetés au Danemark en pleine tragédie shakespearienne. Libres d’évoluer à leur guise dans les différentes pièces du château, ils tombent nez à nez avec Ophélie folle amoureuse, interceptent un complot ou se font alpaguer par Hamlet en furie. Les groupes d’amis étant intentionnellement séparés dès leur arrivée au théâtre et les portables confisqués, chacun est immédiatement plongé dans l’univers d’Helsingor, loin de la trépidante vie parisienne.

 

Si ce concept est particulièrement inédit à Paris, le théâtre immersif connaît un franc succès à Londres depuis plusieurs années, où la compagnie Punchdrunk a par exemple créé l’événement dans le monde théâtral avec sa création The Drowned Man qui réunissait 40 acteurs durant trois heures dans plusieurs milliers de mètres carrés. La prolongation d’Helsingor à Paris et les succès londoniens parlent d’eux-mêmes, le théâtre immersif a de beaux jours devant lui. Alors que le théâtre est parfois perçu comme élitiste, voire ésotérique, ce nouveau genre attire un public jeune pas forcément littéraire mais surtout en quête de nouvelles sensations.

 

Dans un entretien avec L’Express, le metteur en scène d’Helsingor inscrit le théâtre immersif dans la lignée de l’escape game, soit deux activités culturelles où le joueur/spectateur participe et devient acteur de son divertissement. Le théâtre prend vie sous ses yeux et l’incite à prendre des initiatives pour vivre la pièce à sa façon. De la sorte, personne ne ressort du théâtre avec la même expérience en tête, puisque chacun choisit de suivre certains personnages et pas d’autres ou de quitter une salle pour revenir dans une autre.

Finalement, ce nouveau genre rejoint peut-être la tendance qu’a notre génération à tout personnaliser, ici pour obtenir un théâtre sur-mesure.

 

 

Jusqu’au 31 octobre, vous pouvez aller voir Helsingor au théâtre Le Secret, 18 rue Larrey, 75005.

Les Tontons Trinqueurs : ce que la Comu nous réserve

Avis à tous les futurs stagiaires qui pleurent leurs vacances d’été perdues : la Comu vous fera traverser l’Atlantique et remonter le temps pour quelques heures magiques. Streams a eu la chance d’effectuer le voyage en avant-première : compte rendu.

Chicago, 1933. Alors que la Prohibition s’acharne à brider la liberté des buveurs, la Mafia endosse le rôle de fournisseur d’alcool de la ville, pour le meilleur comme pour le pire. Pour le meilleur, car la Mafia constitue une famille unie contre l’autorité publique pour chacun de ses membres, mais aussi pour le pire lorsque la mort de leur Parrain révèle les ambitions et la noirceur de chacun des personnages. C’est donc au cœur des jeux de pouvoir et des trahisons qu’est transporté le spectateur. Amour naissant, secrets de famille, rêves de gloire et nostalgie du temps passé sont convoqués dans cette réalisation originale, écrite par cinq auteurs comusards pour l’occasion. Alternant entre burlesque et gravité, se jouant des codes et de l’actualité, la Comu fait retentir les éclats de rire et monter le suspense, jusqu’à un tableau final grandiose.

Dans un tourbillon d’émotions et de péripéties, chorégraphies, scènes de jeu et chansons se suivent et se mêlent, respectant une mise en scène millimétrée dans laquelle aucun détail n’est laissé au hasard : cigarette de la sulfureuse tenancière du bar, bougies lors de l’enterrement du Parrain, ou encore combinaisons oranges des prisonniers fédéraux … Les Comusards vous entraînent d’un univers à l’autre – cathédrale, prison, bar douteux – et vous font voyager dans un monde où l’on peut se rêver président, Marraine de Chicago tout entier ou encore Commissaire au flair infaillible le temps de quelques heures. La scène est leur terrain de jeu, et leurs jeux s’enchaînent dans un rythme endiablé, arbitrés avec talent par leur metteur en scène Jean-Claude Longo depuis de nombreuses années.

Ce résultat inclassable n’est rendu possible que par la synergie existant entre les membres de la troupe. Les musiciens subliment le jeu des comédiens et intensifient élégamment l’intrigue, tandis que les danseurs virevoltent sur scène, entraînant les chanteurs dans la danse, et le spectateur dans la magie de leur spectacle. Sur les planches, nul ne s’en tient au pôle auquel il appartient, les danseurs deviennent comédiens, les musiciens deviennent chanteurs et tous les talents se révèlent. Du prologue à la dernière note de musique, chacun se donne entièrement à la scène, et se dégage une prodigieuse énergie, caractéristique de l’alchimie qui unit les artistes autour de leur représentation.

Cette troupe hétéroclite riche de la différence de ses talents séduit par la générosité des acteurs, chanteurs, danseurs et bien sûr musiciens qui depuis plusieurs mois travaillent d’arrache-pied à la réalisation de ce projet fou. Le plaisir qu’ils éprouvent sur scène se transmet au spectateur qui n’a qu’une envie, rejoindre la Mafia de Chicago.

Alors, n’hésitez plus, ça se passe le 3, 4, 5 mai au Théâtre Déjazet.

Ce qu’on ne nous a pas dit sur les Roms

Par Lucie Renard

Satu Mare, ville moyenne du Nord-Ouest de la Roumanie. La foule s’agglutine devant le cinéma. Dracula Untold, le dernier blockbuster américain, vient de sortir et rencontre un franc succès dans la région d’origine du vampire. Je séjourne à ce moment-là dans une association visant à la réinsertion des Roms de la ville. Nous avons décidé d’organiser à cette occasion une sortie avec un groupe de bénéficiaires de l’association, enchantés de découvrir cette nouvelle version de la légende roumaine. Notre arrivée devant le cinéma provoque des regards désapprobateurs, le départ de certains et surtout l’arrivée immédiate de la sécurité. Rien d’étonnant si l’on se réfère à la réputation avilissante des Roms en Europe et particulièrement en Roumanie.

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Typologie d’une classe de PMY

Par Lucie Renard

Cela fait maintenant quatre petits mois que tu arpentes les couloirs de l’ESCP d’un pas de plus en plus assuré et tu connais désormais suffisamment de gens pour ne pas avoir besoin de prévoir tous les jours avec qui tu déjeuneras à la cantine. Tu as noué des relations dans tes assos, tes sports, mais aussi dans ta classe. Ta classe … ce groupe d’une vingtaine de prémas qui abrite en son sein des profils divers et variés, pour le meilleur et pour le pire.

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