Sale histoire

Par Alix Letalenet

Qui n’a jamais entendu parler de la Belle au Bois dormant, cette princesse aussi belle qu’impersonnelle, stéréotypée au possible mais dont les boucles blondes, les dons de « beauté et d’intelligence » ont ravi des générations de petits et de grands ? L’histoire, qui plane dans un univers manichéen fait de cueillettes de fleurs et de murailles de ronces, avait tout, à l’époque, pour indiquer sans ambiguité aux enfants que nous étions les chemins du Bien et du Mal. Remercions monsieur Walt Disney qui, sans le savoir peut-être, a largement contribué à notre passage de l’enfance à une adolescence, voire à un âge adulte « en bonne et due forme ». À une époque où l’identité se trouve confrontée à une redéfinition sans précédent, la non-identité de la charmante princesse (toujours perçue au travers d’attributs extérieurs tels que la beauté, la voix, la jeunesse) était peut-être une dernière et douce illusion de simplicité (de simplisme ?), avant la douloureuse déconstruction de nos idéaux sur l’amour, sur l’amitié, sur la marche du monde en général. Car les parents ne s’aiment pas toujours, et les bougies n’arrêtent pas les Méchants.

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